Quand l'industrie agroalimentaire se fait chef cuisinière

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Quand l'industrie agroalimentaire se fait chef cuisinière
Analyses
| par Gabriel Beauchemin |

Cet article a été publié dans le recueil Angles morts internationaux de L'Esprit libre. Il est disponible sur notre boutique en ligne ou dans plusieurs librairies indépendantes.

La table est mise. Santé Canada dévoilait en 2019 son nouveau Guide alimentaire canadien. L'édition précédente, une révision de 2007 qui reprend les grandes lignes du guide alimentaire de 1992, vieillissait dangereusement et au sein même des cuisines de Santé Canada, on sentait qu'il ne prenait plus du tout le pli des nouvelles découvertes scientifiques. Les nutritionnistes et diététistes sont maintenant sur le qui-vive, aux aguets face à cette nouvelle bible alimentaire. Les ronds sont bien chauds, l'huile à vif et quelques mois seulement séparent la population canadienne de leur place assise autour de ce grand banquet de nouvelles recommandations. Hasan Hutchinson, directeur général du Bureau de la politique et de la promotion de la nutrition de Santé Canada, également responsable du nouveau guide alimentaire, insistait en novembre 2017, à travers une entrevue accordée au journal La Presse, sur l'importance d'éviter les contacts entre Santé Canada et l'industrie agroalimentaire : « Tant que nous n'aurons pas terminé les politiques du Guide alimentaire, nous ne devons pas avoir de contacts avec l'industrie. […] Nous devons contrôler ce qui est surtout une apparence de conflits d'intérêts. Il y aurait conflits d'intérêts si l'industrie était impliquée dans l'élaboration des recommandations. Des recherches le démontrent clairement, donc il faut l'éviter1 ». L'avertissement de M. Hutchinson se révèle ici éloquent à plusieurs égards. Il éclaire non seulement le fait que ces relations troubles ont existé à maintes reprises, mais également que l'industrie y a déjà eu une influence déterminante. Le défi que rencontrent dès lors les architectes de Santé Canada consiste simplement à préserver leurs dessins de ces influences plusieurs fois répertoriées.

Tel que mentionné sur le site web de l'institution fédérale, Santé Canada a pour fonction de conseiller la population canadienne sur ce dont elle devrait se nourrir pour maintenir et améliorer sa santé. Le terme Guide renvoie d'ailleurs à cette immense responsabilité. À travers les nombreuses publications, études et rapports publiés par le monde de la nutrition, un guide alimentaire a comme devoir de fixer une mesure, de distinguer les avancés scientifiques importantes du bruit ambiant et d'en faire des recommandations au meilleur de ses capacités. La nutrition étant une science qui évolue rapidement, il est fort probable que dans une vingtaine d'années, le Guide alimentaire canadien de 2019 comportera des lacunes et des imprécisions importantes. Il sera toujours temps d'ailleurs de le réviser. Depuis 1942, le Guide a connu huit refontes ou révisions d'envergure. Ainsi, la responsabilité de Santé Canada ne doit non pas s'orienter vers la justesse absolue des recommandations formulées, mais bien en fonction de la démarche mise en œuvre, de sorte que le résultat obtenu soit le plus conforme aux vérités et constats d'aujourd'hui.

Si M. Hutchinson se faisait aussi ferme dans sa volonté d'exclure toutes traces de l'industrie agroalimentaire au sein des discussions entourant le nouveau Guide, ce n'est pas simplement par excès de prudence. Cette ingérence de la part de l'industrie au sein des politiques alimentaires nationales a eu un impact significatif à de nombreuses reprises et ce, tout autant à l'extérieur des frontières canadiennes qu'à travers ses guides passés. Les cas de la France et des États-Unis en constituent des preuves flagrantes. Il ne suffit que d'un regard pointu et attentif pour constater l'influence déterminante que ces grands lobbys alimentaires représentent encore aujourd'hui à travers le monde. Un regard qui, par contrecoup, éclaire d'une lumière franche les risques qui guettent toujours le prochain guide alimentaire canadien.

Le lobby américain

La dernière édition du guide alimentaire américain, 2015 – 2020 Dietary Guidelines for Americans, remonte à décembre 2015. Aux États-Unis, les politiques alimentaires se renouvellent tous les cinq ans, ce qui permet du même coup une intégration plus rapide des différentes découvertes scientifiques en matière de nutrition. Si certain·e·s nutritionnistes l'accueillirent chaleureusement, tout autant du côté canadien que du côté américain, plusieurs acteurs et actrices du milieu demeurèrent bien critiques du silence retentissant dont ce nouveau guide fait preuve à l'égard de la viande rouge et des boissons sucrées.

Quelques mois avant sa parution, un comité indépendant d'expert·e·s, le Dietary Guidelines Advisory Committee (DGAC), chargé de conseiller le Département américain d'agriculture (United States Department of Agriculture (USDA)), formulait plusieurs recommandations à l'aube de la parution du nouveau guide alimentaire américain. Par contre, certaines d'entre elles, et parmi les plus éloignées des intérêts des grandes industries alimentaires, ont tout simplement été écartées du document final. La recommandation visant à promouvoir davantage la consommation d'aliments d'origine végétale faisait notamment partie du lot. Walter Willett, professeur à l'École de santé publique de l'Université Harvard, critique sévèrement ce choix de la part de l'USDA, en totale contradiction avec les dernières découvertes scientifiques : « En fait, les directives nutritionnelles recommandent la consommation de viande rouge lorsqu'elle est maigre, ce qui ne concorde pas du tout avec les dernières découvertes scientifiques. Des preuves solides établissent que la consommation de viande rouge (en particulier la viande transformée) peut accroître le risque de diabète, de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et de certains cancers, sans qu'il soit démontré que ce risque soit simplement attribuable à la teneur en matières grasses [traduction libre]2. » Jumelé au même mutisme à l'égard des boissons gazeuses, c'est un immense pan de l'industrie agroalimentaire qui peut crier victoire pour les cinq années à venir : « Il s'agit d'une défaite pour la population américaine et d'une victoire pour l'industrie du bœuf et des boissons gazeuses. Le problème n'est pas simplement que le public se retrouve induit en erreur ou qu'il ait accès à des informations censurées, mais bien que ces recommandations en viennent à se retrouver au centre de plusieurs programmes nutritionnels, comme les repas offerts dans les cantines scolaires, les régimes alimentaires pour les femmes enceintes et les programmes pour les Américain·e·s à faible revenu [traduction libre]3. »

Par ailleurs, si l'industrie agroalimentaire n'a pas beaucoup de mal à faire triompher ses intérêts au sein des politiques alimentaires nationales, ses capacités d'influence sur l'opinion publique et ses ressources financières quasi illimitées peuvent également se transformer en armes bien efficaces. C'est notamment le constat que dresse avec précision l'auteure et professeure au Département de nutrition de l'Université de New York Marion Nestle à travers son livre Food Politics : How the food industry influences nutrition and health. Pour ne nommer qu'un seul exemple, la ville de New York, avec en tête son maire de l’époque Michael Bloomberg, a voulu en mai 2012 limiter les formats de boissons gazeuses et autres boissons sucrées à un maximum de 473 ml (seize onces) dans tous les restaurants et cinémas. Plusieurs études démontraient depuis longtemps l'impact négatif que ce genre de boissons pouvait avoir sur la santé, notamment dans une ville où plus de la moitié de la population avait un problème d'obésité. L'initiative faisait donc partie d'un ensemble de mesures visant à améliorer la santé publique sur le plan municipal. Par contre, si un format de 473 ml peut apparaître tout à fait raisonnable, représentant deux portions standard pour un total de 50 grammes de sucre, une grogne sans précédent de la part de l'industrie agroalimentaire s'ensuivit, que ce soit à travers les différents journaux de la ville ou par la mise en place d'une campagne en bonne et due forme visant à décrédibiliser l'initiative du maire. Une publicité de Coca-Cola à l'intérieur du New York Times en représente un exemple éloquent par la manière avec laquelle la multinationale réussit à détourner la question du sucre et de l'apport en calories vers la prise en charge de sa situation personnelle. Tout est ainsi ramené à une question de choix individuels : « Tout dans la modération. Sauf le plaisir, essayez d'en avoir le plus possible. Notre pays fait face à un problème d'obésité et nous tentons de faire partie de la solution. Par la promotion d'un régime alimentaire équilibré et d'un mode de vie actif, nous pouvons faire une réelle différence [traduction libre]4. »

À travers l'ensemble de la ville, c'est toute une campagne visant à empêcher la mise en place de ce plafond sur les boissons gazeuses qui fut lancée. Comme l'explique avec justesse Marion Nestle, la campagne fut menée de main de maître et généreusement financée : « Elle invoquait constamment l'idée d'un État paternaliste, d'une intrusion au sein de nos choix individuels et d'un manque de patriotisme. En tant que citoyenne new-yorkaise, j'ai personnellement vu à mon marché local des groupes de gens qui ramassaient des signatures pour une pétition visant à défaire l'initiative du maire [traduction libre]5. » Au terme de cette lutte, la question prit le chemin des tribunaux et la Cour d'appel de l'État de New York soutint dans un jugement rendu le 26 juin 2014 que la ville de New York, en voulant statuer sur un format maximal entourant la vente des boissons gazeuses, avait dépassé les limites de son autorité, consacrant du même coup la victoire de la grande industrie.

Le lobby français

De façon parallèle à la conception d'un guide alimentaire, un enjeu bien particulier permit de rendre visible le poids de l'industrie agroalimentaire en territoire français. Depuis quelques années, la communauté scientifique, soutenue par une large fraction de la société civile, tente de mettre en place un étiquetage, également appelé le Nutri-Score, sur les produits en supermarchés de sorte à pouvoir déterminer facilement, par le biais d'un jeu de couleurs, la qualité d'un produit. Ainsi, ce nouveau code aurait comme objectif de diriger les consommateurs et consommatrices vers des choix alimentaires plus sains. Si ce nouvel étiquetage, depuis avril 2017, est maintenant visible dans certaines épiceries françaises et qu'en ce sens cette nouvelle mesure peut représenter un gain important vis-à-vis des multinationales qui n'en voulaient pas, cette victoire doit être relativisée.

D'abord, comme le soulignait le journal Franceinfo en mars 2017, l'industrie agroalimentaire n'aura en aucun cas l'obligation d'accoler cette étiquette sur ses produits. L'exercice deviendra ainsi facultatif, brisant alors l'uniformité qui aurait permis de classer l'ensemble des produits les uns par rapport aux autres. Ensuite, plusieurs entreprises réfléchissent déjà à un nouveau genre de code, faisant en sorte que l'uniformité recherchée du départ se retrouvera largement fragmentée. Six multinationales (Coca-Cola, Mars, Mondelez, Nestlé, Pepsi et Unilever) ont annoncé qu'elles allaient lancer leur propre étiquette: « Dans leur communiqué6, les industriel[·le·]s assurent travailler sur des indicateurs beaucoup plus vastes. Ils ne seront pas basés sur des milligrammes ou des millilitres de produit, mais sur des portions7. » Enfin, cette mesure, annoncée en grande pompe par la ministre de la santé, se révélerait, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire et alimentaire, nettement insuffisante pour faire face aux enjeux de santé publique que « constituent surpoids et obésité, désordres métaboliques, maladies cardio-vasculaires et certains cancers8 ».

Le lobby canadien

Alors que le nouveau Guide alimentaire canadien était en cours de production, Santé Canada a ouvertement indiqué qu'il éviterait toute ingérence de la part du lobby agroalimentaire. Néanmoins, un léger survol des critiques qui ont été adressées par le passé au Guide précédent permet d'éclairer quelque peu la lourde histoire dans laquelle il s'inscrit. D'abord, Yoni Freedhoff, directeur médical du Bariatric Medical Institute de l'Université d'Ottawa, le décrivait en avril 2015, dans un article du Globe and Mail, comme étant bien simplement « brisé », influencé de façon trop importante par l'industrie sans que la science ne soit venue y jouer son rôle de mesure9. La manière même avec laquelle le Guide s'est conçu témoigne des liens étroits qu'il a entretenus avec cette industrie : « Prenez, par exemple, les douze membres du Food Guide Advisory Committee qui ont joué un rôle central dans la mise en forme du guide que les Canadien·ne·s utilisent encore [en avril 2018]. 25 pour cent d'entre eux étaient employé·e·s au même moment par des entreprises dont les intérêts premiers seraient directement affectés par les recommandations du Guide [traduction libre]10. » Cette ingérence devient ainsi visible au sein même des recommandations formulées, l'industrie ayant alors un levier important pour encourager davantage la consommation de ses produits : « Si l'objectif du Guide est de protéger la santé et de refléter notre meilleure compréhension de l'impact que peut avoir un régime alimentaire sur des maladies chroniques, alors le Guide échoue lamentablement. Notre Guide demeure malheureusement phobique des gras saturés; presque entièrement ignorant du sucre; étrangement en amour avec les produits laitiers; insuffisamment prudent au niveau de la viande transformée, des produits ultra-transformés et des repas déjà préparés; et soutient bizarrement la notion qu'un jus et un fruit sont équivalents11. » Le constat dressé par Yoni Freedhoff devient alors aussi sévère qu'aiguisé, le Guide alimentaire canadien ne devenant qu'un outil au service des grandes industries canadiennes : « Ces positions, tout en étant profondément sympathiques à l'agriculture canadienne, aux produits manufacturés ainsi qu'à l'industrie de la restauration canadienne, ne servent pas nos intérêts principaux en matière de santé, mais contribuent plutôt à maintenir le fardeau de notre pays en matière de régime alimentaire et de maladies reliées au poids12. »

Sur le plan plus particulier de l'industrie laitière, l'influence est encore plus évidente. L'auteure Élise Desaulniers, dans son livre Vache à lait : Dix mythes de l'industrie laitière, indique avec justesse le poids qu'a eu cette industrie dans l'élaboration du guide alimentaire précédent ainsi que l'influence qu'elle réussit à conserver jusqu'à tout récemment. Alors qu'un comité consultatif d'expert·e·s a été mis en place en 2010 par le gouvernement fédéral dans le but d'orienter les différentes révisions à venir, celui qui fut placé à sa tête de 2011 à 2013 est Paul Paquin, professeur titulaire au Département des sciences des aliments et de nutrition de l'Université Laval, mais également président de la Fédération internationale du lait pour le Canada, membre du Expert Scientific Advisory Committee for the Nutrition Section des Dairy Farmers of Canada et membre du conseil d'administration de l'Institut canadien des politiques agroalimentaires. Les travaux de recherche sur lesquels se concentrait à l'époque le Dr Paul Paquin témoignent de façon patente des intérêts dans lesquels il était imbriqué. Le thème central en était alors le suivant : « [l’]identification des croyances saillantes chez les adultes pour cibler les messages visant la promotion de la consommation de lait et de produits laitiers13 ». Des recherches pour lesquelles il a reçu, comme le souligne Élise Desaulniers, une subvention de 150 000 $ des Producteurs laitiers du Canada, consacrant du même coup la courroie de transmission qu'il devenait entre l'industrie laitière et les révisions du Guide : « Sans surestimer l'influence de chercheurs [et chercheuses] comme le Dr Paquin dans l'élaboration du Guide alimentaire, on peut quand même constater que les intérêts de l'industrie laitière sont très bien défendus, tandis que ceux d'autres groupes comme les maraîchers ou les producteurs de légumineuses ne sont pas entendus. La diversité des points de vue ne semble pas être objectivement représentée14. »

Le nouveau Guide alimentaire canadien

Le Dr Paquin n'est plus directeur du comité consultatif d'expert·e·s et le changement de gouvernement a sans doute contribué à un renouvellement de perspective quant à la manière avec laquelle le Guide alimentaire canadien devait être révisé, voire transformé. Après avoir dévoilé, en juin 2017, une version préliminaire des trois principes directeurs qui seraient à la base du prochain Guide, Santé Canada a entamé du 10 juin au 14 août 2017 une période de consultations publiques afin d'amasser le plus de commentaires possible en réaction à ces premières recommandations. Jean-Claude Moubarac, chercheur en nutrition publique au Département de nutrition de l'Université de Montréal, voit d'ailleurs dans cette première ébauche présentée par l'institution fédérale plusieurs points positifs : « Il y a un changement de cap intéressant. Dans les versions antérieures, on était très axé sur la prescription. On recommandait aux gens de consommer des portions spécifiques de tel groupe alimentaire. Dans ce guide-ci, on essaie plutôt de donner des orientations en dirigeant les gens vers des aliments de meilleure qualité et en essayant de les détourner des aliments de moins bonne qualité, sans leur dire combien de portions de tel ou tel groupe alimentaire elles et ils auraient besoin. […] On a compris que les portions c'est très spécifique, ça dépend de chaque personne. […] On doit donc avoir des recommandations plus larges pour orienter le consommateur. C'est plus intéressant parce que ça permet de donner aux gens plus d'autonomie15. » Également, tel que mentionné par le chercheur, les nouveaux principes présentés au début de l'été 2017 recommandent de privilégier des aliments de sources végétales plutôt qu'animales, pour ainsi tenter de réduire l'empreinte écologique. Une première considération environnementale dans le Guide alimentaire canadien qui témoigne manifestement d'un changement de perspective important.

Est-ce alors le signe que l'industrie s'est définitivement inclinée devant ces nouvelles considérations éthiques? Comme le souligne Jean-Claude Moubarac, l'industrie agroalimentaire semble avoir été écartée jusqu'à maintenant, mais rien n'empêcherait un nouveau sursaut : « C'est sûr que les pressions vont continuer de la part de l'industrie, peut-être que ça va se transformer en campagne dans les médias, […] il va y avoir peut-être de la pression auprès du ministre, c'est sûr qu'il va y avoir de la pression. D'un autre côté, l'équipe qui est en charge du guide alimentaire a l'air d'être une équipe assez engagée, assez rigoureuse. Et il y a un intérêt de démontrer à la population canadienne que cette fois-ci, l'industrie n'aura pas d'influence. Il y a un gain politique à faire par rapport à ça. Ce sera peut-être suffisant pour conserver l'orientation actuelle16. »

Ce bref survol des liens que peuvent entretenir les puissances publiques avec la grande industrie agroalimentaire permet de demeurer critique par rapport à la bonne foi et l'intégrité affichée de certains gouvernements nationaux. Ces relations parfois troubles, souvent ignorées, éclairent sous une lumière crue l'influence et la force de certains lobbys du monde de l'alimentation. Si le processus actuellement en branle au pays semble pour le moment se dérouler sans que l'intégrité de Santé Canada ne soit remise en jeu, Jean-Claude Moubarac souligne que rien n’indique que les pressions de l'industrie ne sauront pas faire vaciller quelque peu cette institution fédérale. La table est mise, tout semble indiquer un repas réussi, mais il est de ces épices finales qui peuvent, même avec modération, ruiner l'ensemble du repas. Il s'agit alors simplement de rester aux aguets, en appétit.

Photo : Pixabay

1 Stéphanie Bérubé, 26 novembre 2016, « Refonte du Guide alimentaire : Santé Canada prend ses distances de l'industrie », La Presse, Montréal. www.lapresse.ca/actualites/201611/25/01-5045417-refonte-du-guide-aliment....

2 « In fact, the dietary guidelines promote consumption of red meat as long as it is lean, which is not what the science supports. There is strong evidence that red meat consumption increases risk of diabetes, heart attacks, stroke, and some cancers (especially processed meat), and there is not good evidence that this is simply due to the fat content ». Harvard TH Chan – School of Public Health, 2016, « New Dietary Guidelines suggest limits on sugar, saturated fat, sodium, but experts criticize omissions », Harvard TH Chan - School of Public Health, Cambridge. www.hsph.harvard.edu/news/hsph-in-the-news/new-dietary-guidelines-sugges....

3 « This is a loss for the American public and a win for big beef and big soda. The problem isn’t just that the public gets misleading, censored information, but that these guidelines get translated into national food programs, such as the menus for our kids in schools, diets for pregnant women, and programs for low-income Americans. This then gets directly translated into unnecessary premature deaths, diabetes, and suffering…of course this goes on to mean greater health care costs for all. It is all connected ». Ibid.

4 « Everything in moderation. Except fun, try to have lots of that. Our nation is facing an obesity problem and we're taking steps to be part of the solution. By promoting balanced diets and active lifestyles, we can make a positive difference ». Marion Nestle, 2013, Food Politics : How the food industry influences nutrition and health, University of California Press, Berkeley , p. 409.

5 « It consitently invoked nanny states, intrusions on personal choice, and lack of patriotism. As a New-York City resident, I personally witnessed groups of people collecting signatures on a petition against the cap at my local farmer's market ». Ibid., p. 410.

6 Voir sur le site web de Evolved Nutrition Label Initiative, evolvednutritionlabel.eu/

7 franceinfo, 15 mars 2017, « Pourquoi le nouvel étiquetage nutritionnel risque de ne pas faire recette dans vos supermarchés », France Télévisions, Paris. www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/pourquoi-le-nouvel-etiquetage-nut....

8Ibid.

9 Yoni Freedhoff, 27 avril 2015, mis à jour le 25 mars 2017, « Canada's Food Guide is broken – and no one wants to fix it », Globe and Mail, Toronto. www.theglobeandmail.com/life/health-and-fitness/health-advisor/canadas-f....

10 « Take, for instance, the 12-member Food Guide Advisory Committee who played an important role in shaping the Guide Canadians are still using today. Fully 25 per cent of the people on that integral committee were employed at the time by corporations whose primary interests would be affected by the Guide’s very recommendations ». Ibid.

11 « If the aim of the Guide is to protect health and to reflect our best understanding of the impact of diet on chronic disease, then the Guide is failing miserably. Our Guide remains woefully phobic of saturated fats; almost wholly ignorant of sugar; strangely in love with dairy; insufficiently cautionary on processed meats, ultra-processed foods and eating out; and bizarrely supportive of the notion that juice and fruit are one in the same ». Ibid.

12 « These positions, while hugely friendly to Canadian agriculture, product manufacturing and the Canadian restaurant industry, don’t serve our health’s best interests, and instead serve to further our country’s burden of diet and weight-related disease ». Ibid.

13 Élise Desaulniers, 2013, Vache à lait : Dix mythes de l'industrie laitière, Les Éditions internationales Alain Stanké, Montréal, p. 72.

14Ibid., p. 73.

15 Commentaires tirés d'une entrevue menée par l'auteur le 11 septembre 2017

16Ibid.

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