Le Canadien de Montréal : du changement social au statu quo

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Le Canadien de Montréal : du changement social au statu quo
Grands dossiers
| par Simon Bernier |

«  Y'a quatre choses qui nous ont appris dans le sport professionnel : jamais tu mêles la race, la religion, la politique, pis le sexe, il faut se tenir loin de ça  ».

Jean Perron, ancien entraîneur du Canadien de Montréal

« Les gens de Québec veulent une équipe de hockey, pas un pays. »

Sam Hamad, ministre libéral provincial

Le Canadien de Montréal privilégie d'une grande diffusion médiatique dans notre société.  Selon Influence Communications [1], trois des dix nouvelles les plus médiatisées en 2013 concernaient directement ou indirectement le Canadien. Au-delà du spectacle sportif qu’il présente, cette équipe fait partie de notre patrimoine. Le logo du club fut présent sur nos billets de cinq dollars, nos pièces de monnaie, nos timbres, dans nos salles de cinéma (Maurice Richard de Charles Binamé, Pour toujours, les Canadiens ! de Sylvain Archambault). Comment expliquer l'exposition médiatique dont privilégie le CH ? Ce texte veut visiter les liens qui ont existé entre la société québécoise et le Canadien de Montréal. Je vais chercher à démontrer comment ce club de hockey a pu, à une certaine époque, être un vecteur de changement social et comment, à l’ère de la culture de la consommation de masse, il est devenu strictement un objet de consommation. Pour ce faire, inspirons-nous des enseignements d’Ernst Bloch, philosophe allemand connu pour son ouvrage Le principe de l’espérance. Bloch croyait que l’on peut retrouver dans toute société des signes de ce qu'il nomme l'utopie, c'est-à-dire des signes émanant des hommes, visible dans la culture d’une société donnée, qui reflètent un désir de changement, afin de créer un monde meilleur. Ces signes sont des indices d’un monde qui n'existe pas encore, d’un « monde-possible » qui peut devenir le monde réel. Ils permettent aux individus d’imaginer ce monde-possible et fournissent un cadre référentiel pour le construire; ils sont des signes qui nous permettent d’imaginer et de créer un monde « délivré des souffrances indignes, de l'angoisse, de l'aliénation ». Dans cette perspective, le philosophe français Redeker, dans son ouvrage Le sport contre les peuples, propose donc une définition de la culture comme un «  principe de déracinement », d’une ouverture vers la transition du monde tel qu’il est à un monde refait et plus juste. La culture devient une sorte d’introspection collective qui permet aux individus et à la collectivité de s'actualiser et de révolutionner le monde. C'est sous cet angle que l'on peut considérer le Canadien de Montréal comme symbole ayant influencé une transformation sociale dans la période entre l’après-guerre et la Révolution tranquille, dans un contexte où les Québécois francophones étaient une majorité socialement et économiquement soumise à la minorité anglophone. Plus précisément, c'est dans les événements entourant la suspension du célèbre joueur du Canadien, Maurice Richard, que l'on peut considérer le sport professionnel comme vecteur de transformation sociale.

Le Canadien de Montréal comme vecteur de changement social

Dès sa création, le Canadien s’est auto-identifié à la nation canadienne-française. L’équipe adopte en 1911 les couleurs de la France, affirmation de son identité francophile : le bleu, le blanc et le rouge. L'arrivée d’une équipe clairement identifiée à la communauté anglophone, les Maroons de Montréal, va aider à augmenter la popularité du Canadien auprès des francophones et former une relation antagoniste entre les deux clubs. («  Il n’est pas rare que des batailles éclataient entre les spectateurs qui, au nombre moyen de 11  000, furent de plus en plus nombreux à venir assister à ce phénomène culturel  ») [2] Malgré un rapprochement avec la communauté anglophone suite à la disparition des Maroons en 1938, la montée en popularité du club parmi les francophones des régions rurales du Québec, en grande partie due à la transmission des matchs à la radio et le fait que l’équipe alignait à cette époque un grand nombre de joueurs francophones talentueux (Richard, Béliveau, Geoffrion), va indéniablement forger le statut de l'équipe comme porte-étendard de la nation canadienne-française. C'est dans ce contexte que les événements de mars 1955 vont se dérouler.

Pendant les décennies  1940 et 1950, Maurice Richard, en plus d'être l'un des meilleurs joueurs de la Ligue nationale de hockey, symbolisait le Canadien français typique de l'époque (famille ouvrière qui comptait huit enfants, catholique pratiquant, peu scolarisé) à une exception près : il n’est plus un dominé, mais un dominant car il réussit à exceller dans un univers majoritairement anglophone. Il représentait donc l'image du Canadien français résistant à l'oppression anglophone et devint un symbole cristallisant le sentiment d'injustice qui habitait alors les Canadiens français. Le soir du 13 mars 1955, durant une partie du Canadien contre les Bruins de Boston, une échauffourée éclate entre les joueurs des deux équipes. Impliqué dans ce jeu de «brasse-camarade», Maurice Richard frappe un juge de ligne qui tentait de s'interposer entre l'ailier droit du Canadien et Hal Laycoe, un joueur des Bruins. Clarence Campbell, alors président de la LNH, va imposer une sévère punition : Maurice Richard est suspendu pour le reste de la saison régulière et pour toute la durée des séries éliminatoires. Ceci va empêcher Richard de gagner le championnat des marqueurs, mais va surtout grandement handicaper les chances du Canadien de Montréal de gagner la Coupe Stanley (l'équipe s'est finalement inclinée en sept matchs lors de la série finale contre les Red Wings de Detroit). Les réactions opposées entre les médias anglophones et francophones démontrent le clivage social existant dans la société québécoise. Alors que le Globe and Mail, la Gazette de Montréal et le Montreal Star vont tous appuyer sans réserve la décision de Campbell, les journaux francophones vont dénoncer celle-ci comme étant injuste. Ils perçoivent dans cette décision un geste d'oppression à l'encontre du héros canadien-français, à l'encontre d'un individu refusant le statut de dominé. Quatre jours après le match contre les Bruins, le Canadien affronte les Red Wings au Forum de Montréal. Durant la première période, le président de la Ligue fait son entrée dans l'amphithéâtre et s’assoit à son siège habituel. Il est immédiatement la cible de divers projectiles lancés par la foule de 16 000 partisans qui le huent. Le chef pompier de la ville de Montréal Armand Paré prend la décision de faire évacuer le Forum de Montréal avant la fin de la première période à la suite de l'explosion d'une bombe lacrymogène. Les spectateurs expulsés rejoignent sur la rue Sainte-Catherine les milliers de manifestants regroupés afin de dénoncer la suspension de Maurice Richard. Une émeute éclate : tramways renversés, affrontements avec les forces de l’ordre, vandalisme et pillage vont durer jusqu'aux petites heures du matin. Certes, l’histoire du sport professionnel est marquée par des manifestations de ce genre, mais celle-ci comportait un sens politique. André Laurendeau écrit le 21 mars 1955 dans le quotidien Le Devoir: «  On est soudain fatigué d'avoir toujours eu des maîtres, d'avoir longtemps plié l'échine. M.  Campbell va voir. (Cette) brève flambée trahie ce qui dort derrière l'apparente indifférence et la longue passivité des Canadiens français.  »

Pour Suzanne Laberge, cette émeute marqua une «  fissure dans l'espace social et dans l'ordre social des rapports dominants-dominés  ». Ainsi, le groupe dominé (les francophones) s’est regroupé, créant un événement politique qui dépassera la simple dénonciation de la suspension de Maurice Richard : c'est leur statut social de dominés qui est dénoncé. Cet évènement représente l’expression du désir d’un monde meilleur, un monde qui n'existe pas, mais auquel rêvent les francophones, c’est-à-dire un monde sans oppression par la minorité anglaise. Bloch croyait que l'utopie, en plus «  de nous rendre conscients des imperfections de ce monde  », avait également comme fonction de nous permettre de «  transformer (le monde) selon les exigences proposées par l’utopie  ». Il est possible d’avancer l’hypothèse que cette émeute ait pu contribuer à remettre en question le statu quo des relations dominants-dominés entre les anglophones et francophones. Laberge partage cette analyse : «  le symbole des rapports de force entre dominants et dominés qu’il (Maurice Richard) incarnait allait survivre au-delà de l’individu  » et avoir un impact à long terme parmi les francophones québécois.

Le Canadien de Montréal, reflet du capitalisme contemporain

Est-ce que le Canadien de Montréal peut encore, à notre époque, être un vecteur de changement social ? Retournons d'abord à Ernst Bloch. Dans Le principe de l’espérance, il exprime la crainte de l’impact du développement du capitalisme sur la capacité des sociétés de s’actualiser. Bloch, considéré comme étant le plus romantique des auteurs marxistes, croit que «  c'est avec l'essor du capitalisme, de la valeur d'échange et du calcul mercantile que l’on va assister à l’« oubli de l'organique » et à la « perte du sens de la qualité » dans la nature.  » Bloch craint une domination du système capitaliste sur la nature, d'une prédétermination de ce que « devrait être » notre monde. «  L'oubli de l'organique  », c’est la crainte d’un contrôle de l’actualisation des sociétés par la technique rationnelle et instrumentale, qui reflèterait «  une volonté de domination, de relation de maître à esclave  » sur la nature. Bloch voit en celle-ci une construction de notre monde qui empêche la spontanéité, où «  la soif du gain étouffe tout autre élan humain  ». Afin d'illustrer sa pensée, Bloch prend en exemple les villes modernes, construites selon une logique froide et efficace, qu’il décrit comme des «  ''machines   à   habiter''  réduisant   les   êtres   humains   "à   l'état   de  termites standardisés"  ». «  L'architecture fonctionnelle reflète et même redouble le caractère glacial du monde de l'automatisation, de ses hommes divisés par le travail, de sa technique abstraite  ». Pour Bloch, le capitalisme crée le monde à son image, axé sur sa seule logique économique rationnelle et du même coup instaure un environnement nuisible à la capacité de l'homme de rêver et d’actualiser autrement la société.

Robert Redeker reprend les craintes de Bloch dans Le sport contre les peuples. Il croit que le sport professionnel est un phénomène qui porte en lui des valeurs similaires au capitalisme : il s’agit essentiellement d’une compétition entre individus. Le sport professionnel est dans le contexte capitaliste actuel essentiellement conservateur, c’est un espace qui glorifie le monde tel qu'il est construit présentement, tel que le capitalisme mondial le définit. Autrement dit, le sport professionnel est à la fois un symbole qui reflète les valeurs capitalistes, mais qui va également faire la promotion de ses valeurs et devient ainsi un agent actif de propagande.  Le spectacle mondialisé du sport professionnel glorifie la compétition, la « loi du plus fort ». C’est un spectacle qui est projeté en permanence dans nos vies à travers les médias qui relaient le grand nombre d’évènements sportifs locaux et mondiaux. Mais plus important encore dans le cas qui nous concerne, le sport professionnel tend à instrumentaliser le concept de communauté afin d’engendrer un maximum de profits. Le sport professionnel, en tant qu’entreprise capitaliste, transforme l’espace public en fonction d’intérêts privés. Les clubs professionnels ont compris, à la fin du siècle dernier, « l’importance du club et de son identité comme facteurs pouvant être instrumentalisés au profit d’une pénétration plus grande dans la culture populaire et dans le tissu social en général ». [3]

Les auteurs Anouk Bélanger et Fannie Valois-Nadeau expliquent comment les administrateurs du Canadien, craignant que le nouvel amphithéâtre de l’équipe (le Centre Molson, maintenant nommé Centre Bell) nuise à la popularité du club (par la disparition du Forum de Montréal, lieu mythique pour le monde du hockey), vont déployer une campagne marketing afin de « sacraliser » le nouveau domicile de l'équipe. Ce qui est important de retenir de cette campagne est que : "cette mise en scène a fonctionné sur la base d'un discours qui évacuait les polémiques, légitimant le déménagement et orientant la mémoire collective vers ce qu'elle devrait être : on y construisit une image glorieuse et rassembleuse. Les tensions, les conflits et les autres moments forts qui firent de ce lieu un symbole de la culture montréalaise furent évincés du discours officiel; étant plus aptes à attirer les foudres que les foules, ils furent tenus à l'écart." [4] L'émeute de Maurice Richard, moment fort de l’histoire du Canadien et du Québec, est oubliée, car elle ne convient pas à la nouvelle représentation sociale que l’équipe tente de se donner, un symbole artificiellement créé afin de maximiser la popularité du club et sa rentabilité commerciale. Ainsi, l'équipe marketing du Canadien a construit des partenariats avec d'autres institutions sociales d'importances. Par exemple, elle a établi une stratégie marketing avec la Ville de Montréal afin de promouvoir le slogan « La Ville est Hockey » ou encore avec la Société de transport de Montréal qui affiche le jour des matchs le cri de ralliement « Go Habs Go » sur les autobus de la société. La campagne va s’étendre jusque dans les écoles publiques où l’équipe fait distribuer des « fascicules éducatifs ». Elle va également établir des liens avec d'autres entreprises, comme la chaîne de restaurant La Cage aux sports et, depuis son rachat par l’équipe, la compagnie de bière Molson. Tous les efforts sont déployés afin de faire pénétrer dans le tissu social la marque du Canadien et de créer un sentiment d’appartenance sur de nouvelles bases.  Cette campagne vise à donner un élan à l’engouement porté à l’équipe et que la popularité de celle-ci augmente par effet d’entrainement, en omettant systématiquement la grande importance que le club ait pu avoir dans le passé comme symbole représentatif des Québécois francophones. Malgré l'absence de succès sur la glace (à tout le moins, similaire aux succès du club dans les décennies 1950, 1960 et 1970), l'équipe gagne son pari et revitalise sa marque : après un creux dans l’assistance aux matchs au tournant du millénaire, le club joue à guichet fermé depuis la saison 2005-2006.

Cette transformation de la représentation de l’équipe est un exemple de ce que Redeker appelle la création d’un « ersatz de communauté ». Le sport professionnel réunit les citoyens en communauté autour d’un même intérêt (le succès de l’équipe), mais cette communauté est une pâle copie du véritable esprit communautaire, qui est nécessairement politique. Ces ersatz de communauté sont typiques de notre époque : « Lorsque la collectivité politique (appuyée sur la volonté d'un destin collectif) se dissout (effet du triomphe du capitalisme), que se développe un individualisme consumériste de masse, le sport intervient pour usiner un ersatz illusoire de communauté (une communauté apolitique). » La campagne marketing du Canadien est représentative de cette tendance qui existe dans le sport professionnel. Pour maximiser la rentabilité de l’équipe, il est plus convenable d’encourager la création d’une communauté apolitique  de partisans qui agit comme une « meute » et qui se contente d'applaudir lorsque l'équipe remporte la victoire ou d'exprimer son mécontentement lorsqu'elle subit la défaite. La communauté sportive idéale, dans une perspective de rentabilité financière, serait donc passive et non active, réactive et non entreprenante.

L’appui au sport professionnel s’inscrit dans une tendance lourde de perte d'intérêt pour le politique qui, combinée à l’effacement des idéologies socialistes, crée donc un environnement propice à l’éclosion du « capitalisme absolu », au « conformisme consumériste » et au « fétichisme de la marchandise ». L’intérêt marqué pour le sport professionnel est donc pour Redeker le reflet d’une anomie contemporaine. Les sociétés occidentales sont de plus en plus  hétérogènes, les balises et références sociales sont multiples. Le sport professionnel est une communauté attirante, car elle repose sur des bases simples (la compétition, qui mène à la victoire ou à la défaite). Elle est inclusive, elle ne discrimine pas les individus selon leurs opinions, leurs origines, etc. Nous pouvons tous être fans du Canadien de Montréal, nous pouvons tous joindre cette communauté unificatrice qui crie en unisson dans la victoire.

Dans nos sociétés individualistes, c'est une chose rare de retrouver des masses d'individus appuyant avec enthousiasme une cause commune. Si l’émeute de 1955 s’est fait attribuer le qualificatif d’événement politique, c'est qu'elle regroupait des individus qui partageaient une réalité sociale commune et qui ont transposé celle-ci sur les événements liés à la suspension de Maurice Richard. À l’inverse, les émeutes de 2010 (à la suite des victoires du Canadien durant les séries éliminatoires) ne peuvent être identifiées comme étant politiques : le seul lien unissant les membres de la communauté de partisans est leur appui au club. Leur manifestation dans les rues se limite à une explosion sans lendemain. La nouvelle communauté du Canadien de Montréal est une communauté qui devient un produit de consommation. Les partisans s'unissent au Centre Bell et dans les bars afin d'appuyer leur équipe : ils se réunissent en tant que communauté sportive afin de vivre une exultation commune, mais celle-ci est consommée, dans le sens qu'une fois « utilisée ». Elle ne laisse rien de politiquement significatif derrière. Ainsi, le sport professionnel s’insère parfaitement dans une logique de consommation de masse. Elle offre l’illusion de la communauté, elle permet même aux partisans d’avoir des opinions et de les partager avec beaucoup plus de conviction que les citoyens d’aujourd’hui sur des questions d’ordre politique. « Quand le partisan fait valoir sa position […] il est capable de déployer la meilleure des argumentations, qui, transposée dans le domaine politique, ferait de lui un citoyen modèle ». [5]

Bref, l’animal politique d’Aristote demeure vivant, mais dans un contexte politiquement inoffensif. Pour Redeker, la communauté sportive, dans la culture de masse contemporaine, est un exemple d’une communauté qui ne remet pas en question le statu quo, mais qui tend à créer un consensus stable et apolitique. Ceci étant dit, le sport professionnel n’est pas fatalement apolitique, comme l’ont démontré les émeutes de 1955. Il peut inspirer ou influencer la société, servir de symbole unificateur pour des courants sociaux revendicateurs. C'est ce qui s'est produit lorsque les citoyens québécois et francophones sont descendus dans les rues afin de défendre leur héros national, symbole de résistance et d’émancipation face à la domination anglophone. Mais selon Redeker, le sport professionnel ne peut par lui-même créer ce type de contexte. Dans le monde contemporain, le sport professionnel s’associe naturellement au système économique mondial : ils ont la même logique compétitive. La solidarité que partagent les joueurs d’une même équipe se rapproche plus de la solidarité entre collègues de travail, luttant contre d’autres entreprises, que de la solidarité entre citoyens, cherchant plutôt à établir des consensus et tendant vers le règlement de conflits plutôt qu’à l’affrontement.

Malgré la désaffiliation du Canadien de Montréal d'avec les Canadiens français, certains continuent de croire au lien entre nationalisme québécois et le Canadien. En 2007, lorsque Daniel Brière a refusé de signer un contrat avec l’équipe, plusieurs commentateurs sportifs l’ont publiquement désigné comme un traître. Ces derniers continuent aussi d’exprimer leur mécontentement par rapport au faible nombre de joueurs québécois au sein de l’alignement.  Mais le Canadien de Montréal ne voit pas l'intérêt économique à promouvoir une identité canadienne-française, elle recherche plutôt une image qui intègre le maximum d’individus. Sa campagne de marketing visait avant tout à faire du Canadien l’équipe de Montréal : il n’y aucune barrière entre anglophones et francophones, c’est toute la ville qui doit supporter l’équipe, peu importe l’origine ethnique. Les partisans nationalistes doivent donc se résigner à appuyer un club qui ne veut plus de cette étiquette canadienne-française, dans une société qui semble elle aussi se résigner à ne plus rêver d’un pays libre. Le seul rêve que l'équipe peut offrir aujourd'hui est celui d'une Coupe Stanley et d'une parade sur la rue Sainte-Catherine.

Reflet de notre société, le Canadien de Montréal a joué un rôle dans l’épanouissement des Canadiens français alors que nous étions prêts à prendre la place qui nous revenait dans la société. Reflet de notre société, le Canadien de Montréal nous fait maintenant rêver à des victoires sans lendemain. Car au final, comme le chante Mononc Serge [6], tout ce qu’on veut, c’est un team qui gagne.

SOURCES

Bélanger Anouk et Valois-Nadeau Fannie. 2009.  « " Entre l’étang gelé et le Centre Bell ou comment retricoter le mythe de la Sainte-Flanelle  .» dans La vraie dureté du mental, Montréal, Les Presses de l’Université Laval.
Cha Jonathan. 2011. « La ville est hockey : au-delà du slogan, une quête d’identité urbaine » dans Le Canadien de Montréal, Une légende repensée, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal.
Furter Pierre. 1966. Utopie et marxisme selon Ernst Bloch. Archives des sciences sociales des religions. N. 21
Influence Communications. 2014. « État de la nouvelle – Bilan 2013 Québec », Montréal
Laberge Suzanne. 2011. « L’affaire Richard / Campbell : le hockey comme vecteur de l’affirmation francophone québécoise » dans Le Canadien de Montréal, Une légende repensée, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal
Laurin-Lamothe Audrey. 2011. « La culture se joue-t-elle ici ? Les implications de la corporation du Canadien de Montréal pour la société québécoise » dans Le Canadien de Montréal, Une légende repensée, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal
Lowy Michael. 2013. « Le "principe espérance" d'Ernst Bloch face au “ principe responsabilité ”`». En ligne. < http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/203/files/2013/01/LOWY_Bloc... >.
Pantoine Tony. 2009.  « " On est Canadyen ou ben on l’est pas ". Hockey, nationalisme, identités au Québec et au Canada.» dans La vraie dureté du mental, Montréal, Les Presses de l’Université Laval
Redeker Robert. 2002. Le sport contre les peuples, Paris, Berg International Éditeurs


[1] Inflence Communications est une entreprise de surveillance des médias.
[2] Bélanger Anouk et Valois-Nadeau Fannie.  « Entre l’étang gelé et le Centre Bell ou comment retricoter le mythe de la Sainte-Flanelle » dans La vraie dureté du mental, Montréal, Les Presses de l’Université Laval,  2009, p. 83
[3] Laurin-Lamothe Audrey. « La culture se joue-t-elle ici ? Les implications de la corporation du Canadien de Montréal pour la société québécoise » dans Le Canadien de Montréal, Le Canadien de Montréal, Une légende repensée, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2011, p. 103.
[4] Bélanger Anouk et Valois-Nadeau Fannie.  « Entre l’étang gelé et le Centre Bell ou comment retricoter le mythe de la Sainte-Flanelle » dans La vraie dureté du mental, Montréal, Les Presses de l’Université Laval,  2009, p. 83.
[5] Redeker Robert. 2002. Le sport contre les peoples, Paris, Berg International Éditeurs
[6] Mononc Serge, Serge Robert de son vrai nom, est un auteur-compositeur-interprète québécois.  

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