La révolution peut-elle se reprendre au Honduras?

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La révolution peut-elle se reprendre au Honduras?
Analyses
| par Alexandre Dubé-Belzile |

Cet article porte sur les turbulences qui secouent le gouvernement de Juan Orlando Hernández, représentant du conservateur Partido nacional. Les professeur·e·s, les médecins et les étudiant·e·s manifestent leur insatisfaction et leur colère face au gouvernement de JOH, comme on le surnomme, qui a annoncé la privatisation de l’éducation et de la santé. Ces derniers développements sont peu surprenants étant donné les politiques du gouvernement hondurien depuis le coup d’État du 28 juin 2009, qui a délogé le président Manuel « Mel » Zelaya, élu démocratiquement en 2006. Le passage interrompu au pouvoir de Mel était caractérisé par des discours s’inscrivant dans la mouvance bolivarienne et le chavismo. Cette rhétorique et les actions qu’elles impliquaient menaçaient les grands propriétaires et les multinationales dans la « république de bananes par excellence », dont la population avait été souvent décrite comme caractérisée par un complexe d’infériorité des plus désolanti. À l’occasion du coup d’État, les forces conservatrices n’ont pas hésité à utiliser des méthodes peu scrupuleuses pour défendre la constitution, mot prononcé par les autocrates avec un certain zèle, comme le font les représentants de la dictature de l’Uruguay dans le thriller politique l’État de siègeii. Comme dans le film, c’est par la « mano duro », la main forte, que les dirigeants conservateurs du Honduras ont combattu le mildiou, maladie affectant certaines plantes et métaphore utilisée par les généraux dans un autre thriller politique, Ziii, afin de décrire les « maladies idéologiques » qui doivent être traitées avec le pesticide approprié, c’est-à-dire une solution de sulfate de cuivre. Cela dit, les images qui défilent sur les écrans ne sont pas celles d’une production cinématographique.

Sur place, nous avons pu constater comment la société vivait ces moments de sa vie politique. Attention, il ne s’agit pas d’un reportage sensationnaliste qui se limite à décrire les dégâts et montrer des images de pneus enflammés et de voitures renversées, pas plus que la police et l’armée tirant sur la foule, bien que ce soit des faits « hyperréels », pour utiliser l’expression de Jean Baudrillardiv, au même titre que des gros plans de pénétration d’un vagin, d’une bouche ou encore d’un anus dans un film pornographique, qui nient et qui servent à nier le rapport de pouvoir, les structures idéologiques de telles productions de sens. Ce type de pornographie pourra sans doute être trouvé dans les dernières pages des publications des médias hégémoniques, pour aussi peu qu’on parle de la situation actuelle au Honduras. Nous nous sommes donc immergés dans la société hondurienne. Nous avons aussi reçu l’aide de Jorge, étudiant qui, face aux difficultés économiques de son pays, a dû abandonner ses études pour conduire un taxi tous les jours jusque tard dans la nuit, malgré l’insécurité, pour subvenir aux besoins de sa famille. Il a eu l’amabilité de nous guider dans nos recherches.

À l’heure du 10e anniversaire du coup d’État du 28 juin 2009 au Honduras, il n’y a que peu d’occasions de se réjouir. Le 19 juin dernier sévissait une épidémie de dengue, une maladie potentiellement mortelle transmise par les piqûres de moustique, que les autorités avaient du mal à contrôler. L’État intimait la population d’éliminer toute étendue d’eau stagnante propice à la croissance de larves du moustique Aedes cineurus. Plus ou moins au même moment, l’armée était déployée dans le pays pour mettre fin aux espaces de prolifération dans lesquels se reproduisait une autre maladie, aux yeux du pouvoir évidemment, c’est-à-dire la maladie révolutionnaire.

Selon un journal localv, 77,5 % des cas de dengue en Amérique latine se retrouvent au Honduras. L’état d’urgence a été décrété par le gouvernement dans 12 des 15 départements du pays, la maladie ayant causé, à la date de l’article, 34 décès répertoriés. La dengue pourrait-elle être une simple distraction de pouvoir par rapport aux véritables enjeux politiques? La volonté de l’État de se désinvestir de la santé et de l’éducation serait-elle à mettre en cause dans la propagation de la maladie et l’incapacité à y faire face? Rien ne va quand les services de santé d’un gouvernement achètent des médicaments essentiels qui s’avèrent être des pilules de farinevi. Dans tous les cas, cet état d’urgence coïncide avec la crise politique du pays, au sein de laquelle la répression pourrait bien avoir causé plus de morts, au-dessus d’une trentaine il y a un peu plus d’une semaine, selon certains groupes de défense des droits de la personnevii.

Manuel « Mel » Zelaya, leader qui s’inscrivait dans la mouvance bolivarienne, a été banni du pouvoir en 2009, près de trois ans après son élection, parce que, selon le discours officiel, il avait proposé une urne référendaire pour convoquer une assemblée constitutionnelle, ce qui était, aux dires des putschistes, inconstitutionnelviii. On le soupçonnait, disait-on, de vouloir modifier l’article de la constitution qui n’accordait qu’un seul mandat de quatre ans à chaque président élu. Les pouvoirs conservateurs se sont alors sentis investis de la mission de protéger la constitution et la République du Honduras contre ces forces qu’ils qualifient d’antisociales et de criminelles. Le gouvernement canadien, de son côté, comme les États-Unis, condamnait officiellement (et hypocritement) le coup, mais négociait directement avec les putschistes, en allant même jusqu’à entretenir d’étroites relations avec l’armée du pays et signer un accord de libre-échangeix. L’Agence canadienne de développement international (ACDI) ayant financé un programme de formation sur les ajustements structurels en partenariat avec l’Université nationale autonome du Honduras (UNAH) de 2004 à 2010, autant dire que le coup d’État était préparé, ou du moins pas exclux.

Dans notre article sur l’impérialisme canadien, dans lequel nous mentionnons le coup et la complicité du gouvernement canadien, nous avions décrit l’État, nous inspirant de la définition de l’idéologie de Slavoj Žižek, comme un tissu de fantasmes inconscients qui « structurent la réalité sociale »xi et qui rendent les contradictions du capital tolérables, voire, aux yeux de certain·e·s, acceptables ou louables. La constitution s’inscrit naturellement dans ces rituels qui assurent la survie du fantasme, comme ces justifications légales qui ont servi de prétexte à l’intervention de l’armée. Ce sont ces rituels que tentait d’ailleurs de défier Zelaya, un peu à l’image de Chavez qui a gouverné par référendum. Après le coup, Roberto Micheletti a été placé au pouvoir par les militaires comme président intérimaire. Ce dernier a alors suspendu, toujours au nom de la constitution, cinq droits constitutionnels, soit : la liberté personnelle (article 69), la liberté d’expression (article 72), la liberté de mouvement (article 81), l’habeas corpus (article 84) et la liberté d’association (article 78)xii.

À l’occasion des élections qui ont eu lieu peu de temps après le coup, soit le 29 novembre 2009, malgré les droits suspendus, la répression et la censure des médias, Pepe Lobo Sosa, grand propriétaire agraire membre du conservateur Partido national, a été élu à la fonction présidentielle. Il est resté au pouvoir jusqu’en 2013, au moment où d’autres élections jugées frauduleuses ont amené au pouvoir Juan Orlando Hernández, surnommé JOH, issu de la même tendance politique. Cela dit, JOH a récemment dépassé le maximum de quatre ans, en entamant son deuxième mandat le 7 janvier 2018, grâce à la complicité de la même Cour suprême qui a condamné Mel Zelaya simplement pour sa volonté de convoquer une assemblée constitutionnelle. Salvador Nasralla, commentateur sportif devenu politicien, a formé l’Alliance de l’opposition contre la dictature (Alianza de Oposición contra la Dictatura). Cependant, lors des élections du 26 novembre 2017, alors que l’Alliance était en tête, la plateforme numérique des élections est « mystérieusement » tombée en panne. Au retour en service de la plateforme, JOH a pris le dessus pour finir en têtexiii. JOH aurait ainsi remporté par 0,5 % des voix, tout en bénéficiant de la bénédiction immédiate de Washingtonxiv et pendant que le Canada continuait de soutenir son régimexv.

Mel Zelaya a pu revenir au pays grâce à un accord signé en 2001. Il s’est manifestement radicalisé depuis sa mise à l’écart du pouvoir officielxvi. Il est maintenant à la tête du parti Libre (Partido de la Libertad y de la Refundación). La formation se revendique du chavismo et, comme coalition de gauche, regroupe des tendances qui vont de la sociale démocratie à la gauche radicalexvii. Dans tous les cas, elle ne cache pas ses objectifs en affirmant que « la révolution est inévitable au Honduras »xviii. En ce qui concerne les manifestations, Zelaya encourage carrément la formation de « commandos insurrectionnels »xix, c’est dire une meilleure organisation de la révolte pour renverser JOH. Même s’il est difficile de savoir si un tel niveau d’organisation existe en ce moment de facto dans les rues, l’émergence d’une potentielle guérilla urbaine n’est pas à exclure. Pepe Lobo, de son côté et non sans un certain opportunisme, profite du mécontentement pour créer un nouveau mouvement avec un nom féminisant à l’espagnol et au ton quelque peu revendicateur : Tod@s para el cambioxx. Ce mouvement initié par cette bête politique (Lobo veut dire « loup » en espagnol) risque peut-être de récupérer la révolte. Cela dépend de la manière dont les choses vont se poursuivre. Cela dit, il faut garder à l’esprit que ce dernier est tout aussi conservateur que JOH et que son mouvement ne rime pas à grand-chose d’autre qu’une tentative de se bâtir du capital politique. Après tout, il a été le premier président élu après le coup d’État, avec l’approbation de l’armée. Si la répression va en s’accroissant, et cela semble se produire, il y a malheureusement de fortes chances que beaucoup de dissident·e·s se déradicalisent et tentent de se débarrasser de JOH en se tournant vers un autre leader conservateur. Cela dit, il est tout aussi certain que d’autres se radicaliseront. Face à l’impasse et vu les conditions réunies, comme la perte de crédibilité de l’État et l’aura de légitimité de Zelaya, ancien président renversé avec lequel s’allient des personnalités qui ne sont pas a priori progressistes (comme Nasralla), il est possible de commencer à imaginer une révolution armée comme un réel espoir de sortir de la crise. Reste à voir le choix que les Hondurien·ne·s feront.

À l’intérieur du pays, les journaux restent plutôt laconiques en ce qui concerne la crise. Les articles traitant du sujet se retrouvent à la 20e page, après plusieurs pages de publicité pour des téléviseurs et autres électroménagers, et ce, même si, au loin, on entend des cris et on peut sentir l’odeur des gaz lacrymogènes. Ce n’est pas que les journaux soient contrôlés par l’État, mais dans un pays ou toute formation politique ou institution est subordonnée aux dynamiques du capital, à la « main invisible du marché »xxi, il n’est pas étonnant que les discours convergent. Heureusement, nous avons fait connaissance avec Jorge (nom fictif), ancien étudiant à l’UNAH, qui connaît encore bien la communauté estudiantine et qui a accepté de discuter avec nous. Nos entretiens ont vite pris l’allure de discussions amicales plutôt que d’entrevues formelles. Ce dernier, lorsque nous avons abordé le coup de 2009, a évoqué avec amertume les jours qui ont suivi, le couvre-feu qui obligeait à entreposer et à rationner l’eau et les vivres, la répression militaire, la violence. Il se souvient des élections qui ont mené JOH au pouvoir. La méthode d’achat de vote était bien simple : l’électeur·trice prenait discrètement une photo de son bulletin de vote et l’envoyait ensuite aux représentant·e·s du parti pour recevoir son paiement.

Au Honduras, m’explique-t-il, on milite le plus souvent pour un parti afin de gagner de l’argent, une question de survie. Les militant·e·s associé·e·s à un parti votent ou manifestent moyennant paiement. Aussi, lorsqu’un gouvernement arrive au pouvoir, tou·te· s les fonctionnaires du gouvernement précédent sont congédié·e·s afin d’être remplacé·e·s par des militant·e·s du parti. Jorge est bien conscient aussi des souffrances prolongées engendrées par les politiques d’ajustements structurels du régime après le coup et ultimement, avec Juan Orlando Hernández aux commandes, les grands propriétaires, les multinationales et l’agriculture d’exportation accablant l’économie. La menace de faillite de l’entreprise nationale Hondutel est un des symptômes récents de la libéralisationxxii. Si Jorge était un étudiant plein d’espoir avant le coup, il a dû abandonner les études il y a cinq ans pour subvenir aux besoins de sa famille. Selon lui, il y a eu une alliance entre JOH, son parti et l’armée, cette dernière ayant depuis amassé beaucoup de pouvoir. Jorge semble toutefois désabusé, même par rapport à Mel et à ses plus récentes activités politiques, le croyant incapable de changer la situation. Nous l’avons accompagné avec sa famille aux alentours de la ville. Ils pensent aller en Espagne. Fuir est un leitmotiv au Honduras, comme si, avec le coup d’État, on s’en était pris même à l’espoir. En effet, près de 2600 Hondurien·ne·s ont demandé le statut de réfugié·e·s au gouvernement espagnol cette annéexxiii, et c’est sans compter celles et ceux qui tentent d’immigrer ailleurs, ou qui ont suivi la caravane migrantexxiv. La conjointe de Jorge me disait : « Le Honduras est très dangereux », dessinant, avec des gestes restreints de son petit index, une carte du Honduras dans le vide. Pendant que nous discutions, son fils jouait dans l’herbe sous le regard de soldats armés de fusils d’assaut états-uniens. Des hommes et des femmes d’un âge avancé vendaient des bonbons et des cigarettes dans les rues. Au Honduras, le syndicalisme est pratiquement inexistant. Le salaire minimum est de 11 000 lempiras par mois (environ 581 $ canadiens), encore que beaucoup peinent à le gagner et que cela ne suffit pas pour nourrir une famille, surtout au regard des prix qui montent sans relâche.

« Ce qu’il nous faut, c’est une guerre civile », affirme Jorge, du haut du Picacho, mont qui surplombe Tegucigalpa, juste à côté de la statue du Christ, réplique de celle qui surplombe Rio de Janeiro. Les gauches latino-américaines qui fleurissaient il y a près de dix ans sont presque toutes tombées une à une. Que reste-t-il des révolutions au Nicaragua et à Cuba? Est-ce là vraiment ce à quoi aspirent les Latino-Américain·e·s? Difficilement, et si subsiste chez Jorge cette soif de pureté qui caractérisait peut-être l’engouement pour la révolution culturelle en Chine lors des évènements de mai 1968 en France, avec cette volonté d’éradiquer l’humain capitaliste pour engendrer un humain nouveau, on pourrait s’attendre à de nouvelles désillusions. Cela dit, au diable Fukuyama! L’histoire n’est pas terminéexxv. Jorge, de son côté, n’est pas prêt à se résigner à l’état des choses actuelles, affirme-t-il, alors que le jour s’éteint sur la capitale et que les rues deviennent désertes, menaçantes et dangereuses.

En dépit des apparences, la contestation n’est pas totalement décentralisée. Les médecins tenteraient d’en prendre les rênes et le collège des médecins du Honduas (CMH) voulait ouvrir le dialogue avec l’ambassade des États-Unisxxvi, manifestement désabusé de JOH. Il devait y avoir une plateforme de dialogue le 18 juin, mais personne n’y croit plus, ou, comme l’a si bien dit Jorge, il ne pouvait s’agir que d’une tentative de règlement entre le gouvernement et le collège des médecins, en excluant le reste de la population. Ce n’est pas par hasard que, selon Jorge, la prise de possession de l’université par les professeur·e·s et les étudiant·e·s atteignait son apogée autour de la faculté de médecine. L’ambassade des États-Unis se trouve en plein centre-ville et revêt presque autant d’importance que l’État au Honduras, si on exclut qu’elle puisse en faire partie. Le Collège des pédagogues et le Collège des professeurs d’éducation supérieure tentent aussi de mener le balxxvii, même si un grand nombre d’étudiant·e·s en colère et d’autres groupes s’adonnent au vandalisme et au pillage.

Récemment, des pneus ont été enflammés par des étudiants devant l’ambassade de l’oncle Sam et, en réponse, cette dernière a annulé les entrevues pour les visas du 17 au 21 juin, comme pour châtier ses vilains enfants qui faisaient leur petite crisexxviii. Nul doute que les services de renseignements sont actifs. Enfin, avec l’arrestation du frère du président, Juan Antonio « Tony » Hernández, pour trafic de cocaïne aux États-Unis, on pourrait être prêt·e à croire que les choses sont sur le point de basculerxxix. Cependant, le contraire ne serait pas si surprenant non plus. JOH restera-t-il au pouvoir comme l’aura fait un certain Manuel Noriega au Panama? Le dictateur panaméen a été pendant longtemps un collaborateur de la CIA et a amassé des fortunes grâce à des activités liées au narcotrafic, ce sur quoi les États-Unis ont fermé les yeux jusqu’au moment fatidique, lorsque le dictateur est devenu un peu trop indépendant pour Washington, ce qui a mené à l’invasion de Panama en 1989xxx. À l’instar d’Hamid Karzai en Afghanistanxxxi, JOH serait-il un autre chef d’État gravitant autour des activités de la CIA et du trafic de drogues?

Le capital cherche toujours à produire de la valeur et des débouchés. La drogue est sans doute l’une des plus parfaites commodités, et ce, parce qu’elle crée naturellement et sans plus d’effort des débouchés. Est-il surprenant que des États valets du capital en Amérique latine y soient mêlés? À cet égard, selon le principe des services de renseignements de la « dénégation plausible », les agences impliquées maintiennent des apparences trompeuses, et profitent à la fois du beurre et de l’argent du beurre, c’est-à-dire des profits du trafic de drogues et des recettes de ventes d’armes effectuées pour lutter contre ce même trafic, sans compter le contrôle politique, la dérégularisation des marchés et la plus profonde imbrication des entreprises étrangèresxxxii. Oliver Northxxxiii? La Colombiexxxiv? Rien de nouveau à l’horizon. Souvenons-nous de la guerre du Vietnam, à mettre en parallèle avec le trafic de drogue qui a servi à la fois à financer le régime des « rebelles » du Vietnam du Sud tout en minant la révolte des populations afro-américaines en propageant l’héroïne dans leurs quartiersxxxv. La même stratégie a été mise en œuvre en Afghanistan pour financer la résistance contre l’invasion soviétiquexxxvi.

Le nom même des États-Unis d’Amérique sous-entend d’emblée, d’un point de vue idéologique, une mainmise sur le continent. On pourrait tout autant les appeler les États-Unis du monde. En parlant d’eux, Mao Tse Toung disait : « L’impérialisme est un tigre de papier »xxxvii. Aussi, Zhou Enlai, son ministre de l’intérieur, lorsqu’on lui a demandé, dans les années 1970, ce qu’il pensait des répercussions de la Révolution française, a répondu : « Il est un peu trop tôt pour le dire »xxxviii. Ainsi, tout porte à croire que « le tigre de papier » en question finira par pourrir ou par brûler, et que son allié du nord sera contraint de manger les restes de quelqu’un d’autre, ou mieux, de se métamorphoser radicalement. Enfin, pour le Honduras, l’avenir nous le dira.

CRÉDIT PHOTO : Alexandre Dubé-Belzile

i Clifford Krauss, Inside Central America: Its People, Politics, and History, Summit Books, New York, 1991.

ii Costa-Gavras, L’État de siège, 1973.

iii Costa-Gavras, Z, 1969.

iv Jean Baudrillard, Simulacres et simulation, Galilée, Paris, 1985.

v « Honduras requiere apoyo internacional ante dengue », La Tribuna, 16 juin 2019, p.5.

vi El horrible caso de las pastillas de harina, El Heraldo, 16 juin 2019, p.24-25

vii Sandra Cuffe, « Honduras protest rackdown: Five things to know », Al Jazeera, 22 juin 2019, récupéré sur : https://www.aljazeera.com/news/2019/06/honduras-protest-crackdown-190621221439388.html (consulté le 24 juin 2019)

viii « 21st Century Socialism Comes to the Honduran Banana Republic», Council on Hemispheric Affairs, 25 mai 2009. Récupéré sur : http://www.coha.org/21st-century-socialism-comes-to-the-banana-republic/ (consulté le 24 juin 2019)

ix Tyler A. Shipley. Ottawa and Empire: Canada and the military Coup in Honduras, Between the Lines, Toronto, 2017

xIbid.

xi George I. García et Carlos Guillermo Aguilar Sánchez, « Psychoanalysis and politics: the theory of ideology in Slavoj Žižek». International Journal of Zizek Studies, volume 2, numéro 3, 2008.

xii Pablo Ordaz, « Micheletti ordena el cierre de los medios de comunicación afines a Zelaya », El país, 28 septembre 2009. Récupéré sur : https://elpais.com/internacional/2009/09/28/actualidad/1254088802_850215.html (consulté le 24 juin 2019)

xiiiOp. cit., note 8.

xiv « Conteo final del TSE da triunfo a JOH por 52,602 votos », La Prensa, 4 décembre 2017. Récupéré sur : https://www.laprensa.hn/honduras/1132076-410/tse-conteo_votos-resultado-elecciones-honduras-actas-candidato_ganador-conteo_final- (consulté le 24 juin 2019)

xv Tyler A. Shipley, « Canada and Honduras: Election Fraud Is Only the Latest Outrage in an Eight Year Nightmare», Global Research, 12 décembre 2017. Récupéré sur : https://www.globalresearch.ca/canada-and-honduras-election-fraud-is-only-the-latest-outrage-in-an-eight-year-nightmare/5622515 (consulté le 24 juin 2019)

xvi « Zelaya Ends Self-Exile and Returns to Honduras », Honduras Weekly, 29 mai 2011. Récupéré sur : https://web.archive.org/web/20110601165325/http://www.hondurasweekly.com/national/3758-zelaya-ends-self-exile-and-returns-to-honduras (consulté le 24 juin 2019)

xvii Sílvia Alvarez, « El Partido Libre es el nuevo instrumento de lucha de la resistencia hondureña », 31 octobre 2011. Récupéré sur : http://www.albatv.org/el-partido-libre-es-el-nuevo.html (consulté le 24 juin 2019)

xviiiIbid.

xix « 'Mel' Zelaya insiste en legalidad de los comandos de Libre », El Heraldo, 3 janvier 2019. Récupéré sur : https://www.elheraldo.hn/pais/1247091-466/mel-zelaya-insiste-en-legalidad-de-los-comandos-de-libre (consulté le 24 janvier 2019)

xx « “Pepe” Lobo lanza movimiento Todos por el cambio », El Heraldo, 16 juin 2019, p.9

« Expresidente “Pepe” Lobo oficializa el movimiento “tod@s por el cambio” », La Tribuna, 16 juin 2019.

xxi Adam Smith, Wealth of the Nations, W. Strahan and T. Cadell, London, 1776.

xxii « Reunión de emergencia para buscar el rescate de Hondutel », La Tribuna, 16 juin 2019. Récupéré sur : https://www.latribuna.hn/2019/06/16/reunion-de-emergencia-para-buscar-el-rescate-de-hondutel/ (consulté le 24 juin 2019)

xxiii « 2,600 hondureños piden asilo en España », La prensa, 17 juin 2019, p.22

xxiv John Holman, « Migrant Caravan: Hundreds using secret convoys », Al Jazeera, 14 juin 2019. Récupéré sur : https://www.aljazeera.com/news/2019/06/migrant-caravan-hundreds-secret-convoys-190614124840127.html (consulté le 24 juin 2019)

xxv Francis Fukuyama, The End of History and the Last Man, Free Press, New York, 1992. Note : Fukuyama est, en quelque sorte, le penseur par excellence du néolibéralisme, Il a parlé de la chute de l’Union soviétique comme la fin de l’histoire, c’est-à-dire le moment où il fallait se rendre à l’évidence que la démocratie libérale était le meilleur système.

xxvi « La plataforma se maintienne en las calles previo a instalar su diálogo », El Heraldo, 15 juin 2019, p.8

xxvii « Plataforma sigue en movilización », La Tribuna, 17 juin 2019, p.12

xxviii « Papá de joven acusado de quemar Embajada de EE UU: "No le hemos enseñado valores inapropiados" », El Heraldo, 1er juin 2019 Récupéré sur : https://www.elheraldo.hn/pais/1289548-466/pap%C3%A1-de-joven-acusado-de-quemar-embajada-de-ee-uu-no-le (consulté le 24 juin 2019)

« Embajada de Estados Unidos en Honduras cancela citas para visas del 17 al 21 de junio »,

El Heraldo, 15 juin 2019. Récupéré sur : https://www.elheraldo.hn/pais/1293591-466/embajada-de-estados-unidos-en-honduras-cancela-citas-para-visas-del-17

xxix Peter Asmann, « EE.UU. alega que hermano de presidente de Honduras es narcotraficante », InSight Crime, 26 novembre 2018. Récupéré sur : https://es.insightcrime.org/noticias/analisis/eeuu-alega-hermano-presidente-honduras-narco/ (consulté le 24 juin 2019)

xxx Eytan Gilboa, « The Panama Invasion Revisited: Lessons for the Use of Force in the Post Cold War Era», Political Science Quarterly, volum 110, numéro 4, p. 539. Récupéré sur : http://the-puzzle-palace.com/files/gilboa.htm (consulté le 24 juin 2019)

xxxi David Martin, « Karzai Brother: Drug Lord, CIA Darling? », CBS News, 28 octobre 2009. Récupéré sur : https://www.cbsnews.com/news/karzai-brother-drug-lord-cia-darling/ (consulté le 24 juin 2019)

xxxii Peter Dale Scott, American War Machine: Deep Politics, the CIA Global Drug onnection, and the Road to Afghanistan, Rowman & Littlefield Publishers, Laham, Maryland, 2014.

xxxiii Gary Webb, Dark Alliance : The CIA, the Contras, and the Crack Cocaine Explosion, Seven Stories Press, New York, 1998.

xxxiv Geoff Simons, Colombia : A Brutal History, London, Saqi, 2004.

xxxv Larry Collins, « The CIA Drug Connection Is as Old as the Agency », New York Times, 3 décembre 1993. Récupéré sur : https://www.nytimes.com/1993/12/03/opinion/IHT-the-cia-drug-connectionis-as-old-as-the-agency.html (consulté le 24 juin 2019)

xxxvi Ikramul Haq, « Pak-Afghan Drug Trade in Historical Perspective », Asian Survey, volume 36, numéro 10, octobre 1996, pp. 945-963.

xxxvii « L’impérialisme américain est un tigre de papier », Perspective Monde, s.d.. Récupéré sur : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1445 (consulté le 24 juin 2019)

xxxviii Thomas Guimbault, « C’est un peu moins tôt pour le dire », Le Monde, 14 février 2011. Récupéré sur : https://www.lemonde.fr/idees/chronique/2011/02/15/c-est-un-peu-moins-tot-pour-le-dire_1479640_3232.html (consulté le 24 juin 2019)

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