Elles aussi : femmes et féminisme sous occupation israélienne

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Elles aussi : femmes et féminisme sous occupation israélienne
Analyses
| par Adèle Surprenant |

L’année 2018 marque les 70 ans de la naissance de l’État d’Israël et, par le fait même, le début de la lutte pour la survivance du peuple palestinien. Une lutte qui n’en est pas à son dernier souffle devant le régime d’apartheid et sa manifestation (néo)coloniale, plus féroces que jamais. Entre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, la Marche du retour de Gaza et l'adoption de la loi sur « L'État-nation juif », le conflit israélo-palestinien est une fois de plus ramené sous l’œil public. Alors que les images de Jérusalem côtoient celles de Harvey Weinstein à la une des journaux, nous désirons réfléchir à la rencontre entre deux mouvements d’émancipation, à l’angle mort d’un conflit : la résistance des femmes et la lutte contre l’occupation israélienne.

 

La nuit est déjà avancée lorsque les soldat·es de l'Armée de défense d'Israël, couramment appelée Tsahal, entrent chez les Tamimi. Ce n’est pas leur première visite dans cette maison, ni dans le village de Nabi Saleh, en Cisjordanie occupée. Quatre jours plus tôt, une manifestation contre le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem a été réprimée par les soldat·es israélien·nes. C’est là que furent capturées les images qui ont tôt fait d’Ahed Tamimi un symbole de la résistance palestinienne.

 

Elle était âgée de 16 ans lors de son arrestation dans la nuit du 18 au 19 décembre 2017. Son crime : avoir été l’objet d’une vidéo devenue virale, dans laquelle on la voit gifler un des deux militaires israéliens postés sur le terrain de sa maison. Le 21 mars 2018, Ahed plaide coupable à huit des douze chefs d’accusations retenus contre elle. Condamnée à huit mois de détention dans une prison israélienne, elle rejoint les rangs des quelques 300 mineur·es palestinien·nes y étant déjà incarcéré·es1.

 

Ahed Tamimi et son image

 

Libérée le 29 juillet 2018 après avoir purgé une peine pour « assaut aggravé » et « obstruction à [la] mission » des soldats israéliens2, la militante ne représente pas une menace pour l'intégrité d'Israël à cause de ses poings tendus ou de la colère de sa voix. Si son cas a provoqué autant de réactions, des politicien·nes comme du public, c’est parce qu’il échappe aux présomptions des un·es comme des autres : avec son teint pâle, sa chevelure blonde et ses yeux bleus, Ahed Tamimi n’a rien du « terroriste » palestinien, deux mots intimement liés dans l'imaginaire occidental et dans la rhétorique sioniste qui le nourrit. À ce propos, la psychiatre palestinienne Samah Jabr soutient que « si Ahed avait été brune et voilée, elle n’aurait pas reçu la même empathie de la part des médias internationaux. Un tel profil [brune et voilée] est plus facilement associé à l’islamisme et donc au terrorisme. Son attitude aurait alors été aussitôt liée à de la violence plus qu’à de l’héroïsme, comme c’est le cas aujourd’hui3 ».

 

Lors d'une entrevue accordée à l'agence de presse Anadolu, Nariman Tamimi souligne d'ailleurs la dimension raciste que sous-tend le soutien international accordé à sa fille après son arrestation, avançant notamment que « le monde a montré plus de solidarité parce qu'elle ressemble à leurs enfants, mais [que] tous les enfants palestiniens sont des Ahed Tamimi »4.

 

Le problème soulevé par l’emprisonnement d’Ahed Tamimi et sa médiatisation ne relève donc pas uniquement des questions de droit international ou de politique. Tendanciellement raciste et néocolonial, le voile médiatique entourant l’affaire Tamimi constitue aussi un enjeu féministe : en accordant autant d’attention à cette histoire, les médias acquis à la droite israélienne tout comme ceux qui soutiennent la lutte contre l’occupation israélienne contribuent à invisibiliser la résistance des femmes palestiniennes.

 

Mis à part son apparence physique, incompatible avec l’imaginaire orientaliste, la jeune Ahed n’est en rien une exception. Comme plus de 10 000 femmes palestiniennes arrêtées par l’État d’Israël depuis 19675, elle fait aujourd’hui les frais de la résistance. Partagée entre les résistant·es palestinien·nes et leurs détracteur·trices sionistes, la militante est érigée en symbole : « Ahed Tamimi ne s'appartient plus6 ».

 

Dès son plus jeune âge, la militante a fait l'objet de plusieurs vidéos et photos devenus viraux. L'enfant qui montrait le poing au soldat est désormais adulte – ou presque –, et il devient dès lors plus aisé pour la presse de reléguer son image, dépeinte comme le visage de la résistance palestinienne par les un·es, et comme un outil de propagande et de provocation contre le régime israélien par les autres. Les derniers mois ont vu sa photographie se tailler une place dans un nombre incalculable de publications, mêmes les plus avares d'actualité sur le « conflit » israélo-palestinien.

 

Lors d’une conférence présentée en 1997 à l'Université de Columbia, l’intellectuel palestinien Edward Saïd a fait un retour critique sur la théorie du professeur américain de science politique Samuel P. Huntington, selon laquelle les mondes occidental et oriental vivraient aujourd’hui un « choc des civilisations ». D’après Saïd, il s’agirait plutôt d’un « choc des définitions7 » généré par la mondialisation de l’information et l’accélération des échanges politico-économiques qui aurait provoqué une prise de conscience collective de la nature hétérogène des cultures. Une hétérogénéité à laquelle participe la jeune militante, en ceci qu’elle ne correspond pas au stéréotype de la femme arabo-musulmane.

 

L’arrestation du 19 décembre 2017 n’est pas uniquement celle d’une enfant, dont la colère se confond avec l’héroïsme, elle est aussi celle d’une femme. Et parce que « le sexe compte8 », il est nécessaire de replacer le symbole d’Ahed Tamimi (tout comme la personne) dans un contexte plus large, celui où « les Palestiniennes ne peuvent être libres en tant que femmes dans une société qui ne connait pas la liberté : même sans occupation, la Palestine demeure une société patriarcale où la liberté des femmes est limitée par leur genre [traduction libre]9 ».

 

Du front au foyer

 

Dans son blogue sur les féminismes arabes, la palestino-américaine Yasmeen Mjalli écrit sur la difficulté de lutter pour l’égalité des sexes en territoires palestiniens. D’une part, elle dit craindre le regard de sa communauté, prompte à accuser d’immoralité ces « Bad Arab Girls10 » et leurs revendications. D’autre part, elle souligne la difficulté de concilier féminisme et nationalisme palestinien (« non, ce n’est pas un oxymore » [traduction libre]11), à une époque où il serait facile pour les médias et politicien·nes occidentaux·ales d’y voir un encouragement à continuer de dépeindre le monde arabe comme une « société rétrograde12 ».

 

La tension entre la lutte contre l’occupation israélienne et pour l’égalité des sexes n’a cependant pas toujours été aussi forte. Dès la fin du XIXe siècle et l’arrivée des premiers colon·nes sionistes en Palestine, les femmes sont en première ligne de la résistance13. Jusqu’à la première Intifada14, la présence des femmes dans les organisations militantes est notoire, et incarne le désir d’auto-détermination qui anime à la fois féministes et nationalistes15.

 

En 1993, la signature des accords d’Oslo concrétise une tendance de fond déjà en marche : à la campagne de « nationalisation » du hijab16, menée avec succès par l’organisation al-Mujamma’ al-Islami dans la bande de Gaza (ou Hamas), s’ajoute le lourd bilan de la première Intifada (le tiers des victimes sont des femmes17), provoquant un recul du mouvement des femmes de Palestine. À tort ou à raison, la lutte contre le patriarcat est subordonnée à celle contre l’occupation.

 

Mais comme le relève Yasmeen Mjalli lors d'une entrevue réalisée dans le cadre de cet article, la question des femmes en Palestine est toujours renvoyée à leur implication dans les deux Intifadas, laissant peu de place pour parler des violences et discriminations que vivent les Palestiniennes, de la rue au foyer. S’il est vrai que « la réforme légale est entravée par l’occupation, il y a aussi de gros joueurs dans l’autorité palestinienne qui prennent avantage de l’occupation pour maintenir et même soutenir une dynamique de pouvoir biaisée d’après laquelle les hommes sont les décideurs [traduction libre]18 » , à l’échelle nationale comme familiale, souligne-t-elle.

 

Questionnée sur ce qui définit une femme palestinienne, Yasmeen Mjalli parle de « guerrière[s] menant un combat sur deux fronts [traduction libre]19 » : en repoussant les frontières qui les séparent de leur terre d’origine, elles font face à celles, moins tangibles, qui les privent de leur statut de citoyennes à part entière, et ce au sein de leur propre société.

 

Ainsi reléguées au rôle de « reproductrices biologiques de la nation20 » (par opposition à la reproduction citoyenne attendue de l’homme), les résistantes palestiniennes en viennent à être exclues du corps social pour lequel elles se battent.

 

Entre voile et hasbara21 

 

L’appareil sioniste, quant à lui, diffère peu de tout autre discours colonial ou néocolonial, se maintenant autant par la violence qu’à travers une série de théories et de concepts le légitimant, à commencer par celui de « mission civilisatrice ». À la manière du « Grand Moyen-Orient » imaginé par le président Bush fils et les néo-conservateurs américains en Irak et ailleurs, les défenseurs et défenseuses de l’État israélien réussissent à justifier un régime ségrégationniste et meurtrier en faisant appel à l’exception israélienne : « Seule démocratie au Moyen-Orient », l’État juif se conçoit en porte-étendard des valeurs occidentales, seul rempart libéral d’une région accusée de conservatisme social et de fondamentalisme religieux.

 

Dans un article sur l’antisionisme comme enjeu féministe publié dans The Electronic Intifada, l’autrice d’origine palestinienne Nada Elia dresse un parallèle entre la situation actuelle en territoires occupés et la France coloniale du XIXe siècle. Donnant l’exemple de la destruction de villages algériens, elle rappelle que la justification souvent mise de l’avant par les forces d’occupation était la libération des femmes. Dans le contexte algérien comme palestinien, l’instrumentalisation des femmes semble être un outil efficace de contrôle des populations sur des bases racistes et colonialistes (ou néocolonialistes)22.

 

Alors que les féministes sionistes reconnaissent, dans les politiques mises en place par l’État d’Israël, des « positions progressistes sur le droit des femmes et des LGBTQIA », l’occupation des territoires palestiniens, voire même le conflit dans toutes ses latitudes, génère pourtant une partie importante des mécanismes d’oppression qui touchent les femmes de Palestine23. Que ce soit au niveau de l’emploi, de l’éducation ou de l’accès aux soins de santé, les restrictions quotidiennes que l’État d’Israël et son armée imposent aux palestinien·nes répriment les conditions qui auraient autrement pu permettre aux revendications féministes d’espérer trouver écho.

 

Le « pinkwashing » israélien, entendu ici comme « l'usage cynique des droits des homosexuel·les pour distraire et normaliser l'occupation israélienne, les colonies et l'apartheid [traduction libre]24 et dont la définition peut être élargie à l'instrumentalisation du droit des femmes, agit aussi avec efficacité auprès du public, principalement occidental ». Notamment alimenté par un discours médiatique de plus en plus expansif sur le monde arabo-musulman, la réponse politique au conflit israélo-palestinien est acquise à la rhétorique de Tel -Aviv, que contredisent pourtant chaque jour les actions de Tsahal et les rapports d’organisations non-gouvernementales (ONG). Les femmes sont au centre de cette manipulation discursive, en ceci que les commentateurs et commentatrices de la situation au Proche-Orient (politicien·nes, intellectuel·les ou autres expert·es en tout genre) utilisent leur situation pour nourrir l’impression d’antagonisme entre modernité démocratique à l’occidentale et société patriarcale conservatrice arabe.

 

À ce propos, la sociologue et professeure à l'université de Duke, Frances Hasso, parle d’une « intransigeance occidentale25 », soit du fait que la légitimité de la lutte pour l’auto-détermination du peuple palestinien soit plus souvent qu’autrement considérée comme étant conditionnelle à la possession d’un « capital culturel ». Cette notion même de capital culturel, relative à une valeur civilisationnelle déterminée à partir de critères reflétant l’hégémonie culturelle nord-américaine et européenne, démontre « l’ignorance d’un ordre international inégalitaire et renforce l’idée que l’oppression des femmes reflète l’arriération culturelle au sein d’autres sociétés26 ».

 

Des frontières

 

Ainsi rejetées par le projet national et affaiblies par le régime d’apartheid israélien, les femmes n’ont de place que dans la reconduction (biologique et éducative) de la nation. La lutte pour l’auto-détermination du peuple palestinien et la construction de l’État sont alors quasi-exclusivement réservées aux hommes, à ceux dont les intérêts servent et sont servis par l’espace public. De tels réflexes encouragent l’institutionnalisation du rapport de genre masculin à l’État, ainsi qu’à l’espace public duquel il participe, reproduisant ainsi les rapports sociaux sexistes qui font de l’agir un verbe au masculin.

Ahed Tamimi, comme des milliers de Palestiniennes avant elle, est la preuve vivante que le verbe ment. Mais le symbole est devenu plus fort que la femme, rattrapée par l’espace médiatique que se disputent la droite prosioniste et la gauche propalestinienne. Pour le dire comme l’intellectuelle et féministe israélienne Simona Sharoni, « dans une situation où chaque homme est un soldat, chaque femme devient un territoire occupé27 ».

 

L’occupation peut cesser, les frontières peuvent s’élargir. La maison, elle, a encore quatre murs.

CRÉDIT PHOTO : Alberto Hugo Rojas

 

1 En date du 30 novembre 2017, 313 mineur·es entre 12 et 17 ans étaient emprisonné·es en Israël. Piotr Smolar, 13 février 2018, « Le procès de l’adolescente palestinienne Ahed Tamimi s’ouvre à Jérusalem », Le Monde, Paris. abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/02/13/le-proces-de-l-adolescente-palestinienne-ahed-tamimi-s-ouvre-a-jerusalem_5256185_3218.html

2 Guillaume Gendron, 21 mars 2018, « En plaidant coupable, la Palestinienne Ahed Tamimi écope de huit mois de prison », Libération, Paris. www.liberation.fr/planete/2018/03/21/en-plaidant-coupable-la-palestinienne-ahed-tamimi-ecope-de-huit-mois-de-prison_16379011

3 Claire Bastier, 1er janvier 2018, « Ahed Tamimi, figure familière de la résistance palestinienne », Le Monde, Paris. www.lemonde.fr/international/article/2018/01/01/ahed-tamimi-jeune-et-fiere-figure-familiere-de-la-resistance-palestinienne_5236464_3210.html

4 AFP, 5 août 2018, « La solidarité internationale avec Ahed Tamimi repose sur du racisme, selon sa mère », RT France, Paris. francais.rt.com/international/53194-solidarite-internationale-envers-ahed-tamimi-repose-sur-racisme-selon-mere

5 Piotr Smolar, 28 janvier 2018, « Les palestiniennes sur tous les fronts », Le Monde, Paris. www.lemonde.fr/international/article/2018/01/26/les-palestiniennes-sur-tous-les-fronts_5247270_3210.html

6 Piotr Smolar, op. cit., note 1.

7 Edward Saïd, 1997, « Le mythe du Choc des Civilisations », Le Club Médiapart. Traduction, extrait et adaptation de la conférence prononcée par Edward W. Saïd à l’Université de Columbia en 1997. blogs.mediapart.fr/segesta3756/blog/180215/le-mythe-du-choc-des-civilisations-par-edward-w-said

8 Nada Elia, 20 février 2018, « Ahed Tamimi et les femmes dans la résistance palestinienne » Middle East Eye, Angleterre. www.middleeasteye.net/fr/opinions/ahed-tamimi-et-les-femmes-dans-la-r-sistance-palestinienne-1383372033

9 « We can’t be free as women unless we’re in a free country. And even if we are free of the occupation, we can’t know freedom as long as we are subjugated in our own society ». 
Hammani Rema, 1990, « Women, the Hijab and the Intifada », Middle East Report, vol.20, Tacoma. www.merip.org/mer/mer164/women-hijab-intifada

10 Yasmeen Mjalli, entretien réalisé pour cet article.

11 « No, that isn’t an oxymoron ». Yasmeen Mjalli, nd, «Reconciling My Feminism with My Arab Identity », Baby Fist, Ramallah. baby-fist.com/get-inspired/reconciling-my-feminism-with-my-arab-identity

12 Fredz Zamit, 2011, « Le monde arabe au prisme du journal Le Monde », L’autre, vol.12, no.1. doi.org/10.3917/lautr.034.0030

13 Amanda Tami Jacoby, 1996, « Gendered Nationalism and Palestinian Citizenship: Reconceptualizing the Role of Women in State Building ». YCISS Working Paper, no.18. hdl.handle.net/10315/1360

14 « Intifada » est le terme communément employé pour désigner deux révoltes contre l’occupation israélienne ayant eu lieu en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza. La première Intifada, surnommée « la guerre des pierres », débute en 1987 et prend fin en 1993, avec la signature des Accords d’Oslo. Edward Saïd, 1997, « Le mythe du Choc des Civilisations », Le Club Médiapart. Traduction, extrait et adaptation de la conférence prononcée par Edward W. Saïd à l’Université de Columbia en 1997. blogs.mediapart.fr/segesta3756/blog/180215/le-mythe-du-choc-des-civilisations-par-edward-w-said

15 Frances S. Hasso, 1998, « The "Women's Front": Nationalism, Feminism, and Modernity in Palestine », Gender and Society, vol.12, no.4, pp.441-465. www.jstor.org/stable/190177

16 Hammani Rema, op. cit.

17 Ilan Pappé, 2004, Une terre pour deux peuples : Histoire de la Palestine moderne, Fayard, Paris.

18 « So, while legal reform is hindered by the occupation, there are also major players in the PA taking advantage of the occupation to maintaiun and even bolster a skewed power dynamic in which men are the change-makers. » - Yasmeen Mjalli, op. cit.

19 « Warrior fighting a war on two fronts. » - Ibid.

20 Amanda Tami Jacoby, op. cit.

21 Hébreu pour propagande. Nada Elia, 2017, « Justice is indivisible: Palestine as a feminist issue » Decolonization: Indigeneity, Education & Society, vol.6, no.1, pp.45-63. jps.library.utoronto.ca/index.php/des/article/view/28902/21549

22 Nada Elia, 24 juillet 2014, « Ending Zionism as a Feminist Issue », The Electronic Intifada. electronicintifada.net/content/ending-zionism-feminist-issue/13631

23 Nada Elia, op. cit., note 21,

24 « The cynical use of gay rights to distract from and normalize israeli occupation, settler colonialism and apartheid. » Pinkwatching Israel, consulté le 5 septembre 2018. www.pinkwatchingisrael.com

25 Frances S. Hasso, op. cit.

26Ibid.

27 Simona Sharoni, 1994, « Sexe, occupation militaire et violence contre les femmes en Israël ou le foyer comme terrain de bataille », L’Homme et la société, no. 114, pp.51-61. doi.org/10.3406/homso.1994.276

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