Culture
Société
Pol Pelletier, l’espace social du théâtre et le féminin
Entrevues
| par Marye-Claude Belzile |

(PORTRAIT) Depuis le 17 mars dernier, Pol Pelletier offre gratuitement des représentations dans des lieux de Montréal qu’elle habite et fait habiter brièvement, comme des éphémérides corporelles durant lesquelles elle communique son art, sa pensée, sa manière d’être face au monde. Généreusement, dans un langage qu’elle maîtrise et raffine rigoureusement, elle offre et incarne tout à la fois la réflexion, la révolte et le potentiel du changement. Le 9 avril prochain à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), elle interprétera l’art poétique de France Théoret, oeuvre qui sera la clôture de cette série de spectacles, laquelle souligne ses cinquante ans de carrière. Le mercredi 22 mars dernier, j’ai eu l’honneur de la rencontrer.

Pol Pelletier est un nom qui résonne différemment selon qui parle d’elle : on effleure son nom, on balbutie son nom, on le scande ou le dit avec admiration. Dans tous les cas, il ne laisse personne indifférent, qu’on espère voir son œuvre encensée ou détruite. Pol Pelletier est une actrice, une auteure, une professeure et une metteure en scène, mais elle est aussi une féministe radicale et une théoricienne trop peu reconnue. Cette femme a transformé l’histoire du Québec en s’y inscrivant fortement, sans gêne, sans peur, de front, mais pacifiquement en parlant haut et fort, en enseignant et en créant. Un don de soi, constant, que le milieu du théâtre a essayé et essaie encore d’ignorer, de taire, mais qui n’y parvient pas, car son message est lourd de vérité et vivant d’actualité : il faut détruire le patriarcat puisque le patriarcat tue. Ça semble radical, et justement ce l’est : il s’agit d’aller à la racine des problèmes, de nos problèmes sociaux, de nos injustices, de nos maladies. Son œuvre, son théâtre, ne sert que cela : mettre au jour ce qui nous ronge individuellement et collectivement, et dès l’origine, selon elle, c’est le patriarcat. Pol Pelletier va aussi au-delà de la dénonciation, elle transmet et propose des outils de guérison, par le jeu, soutenus par une philosophie sur le théâtre et le féminin qui mériterait d’être partagée au plus grand nombre. Depuis 2008, par le biais de L’École sauvage[i] qu’elle a fondée, elle s’occupe de produire des événements à la fois artistiques et sociaux, et elle organise des ateliers de formation sur la guérison par le jeu. Quand on parle de guérison, Pol Pelletier a une définition propre qui s’articule dans une dynamique avec l’inconscient individuel et collectif et notre rapport à nous-mêmes : « La guérison commence quand l’inconscient s’ouvre et laisse sortir un souvenir empoisonné, une blessure qui détermine tout ce que tu es, ton corps, tes choix de vie, tes relations humaines, tout! Là, y’a plus rien qui tient, t’es en état de choc, il faut la révolution! » La guérison commence quand on accepte de faire face au poids de notre culture sur nous-mêmes. Pour Pol, dans notre culture, ce sont les femmes qui portent « la souffrance du monde », c’est inclus dans le rôle du féminin, et selon elle, cette souffrance, les femmes ne sont plus capables de la contenir, elles désirent dénoncer, mais trop encore se taisent. Elle se demande ce qu’on fait avec toute cette souffrance. Et elle propose une méthode dans son enseignement, le Dojo[ii], qui permet la révolution de soi et des autres par le jeu. Une révolution dans le sens de transformer la souffrance de la blessure du patriarcat par quelque chose d’autre, ce féminin que l’on réduit à néant depuis des millénaires. Qu’est-ce que ce féminin? Pour Pol Pelletier, c’est le concept qui permet de définir par la négative le masculin, le concept qui sert à valider le masculin mais qui cache et contient le féminin : la peur, l’étranger, le chaos, la fragilité, la sensibilité, et tout ce qui est mis au rang inférieur dans notre culture. Toutes ces caractéristiques que l’on attribue au genre et au sexe féminin et qui n’auront jamais d’égal au statut du masculin. Accepter la fragilité du féminin est ce qui semble pouvoir guérir la blessure, selon Pol. La révolution est de détruire le patriarcat qui tue, viole, abuse, oblige, contraint et fait commerce chaque jour, partout, dans les pays occidentaux et occidentalisés. Pol me dit que malgré toutes ces années d’enseignement, malgré qu’elle ait rencontré plus de 4 000 élèves, elle ne sait toujours pas exactement quoi faire avec toute cette souffrance, mais elle a observé au cours d’un atelier un geste qui lui donne espoir : « Y’a un gars qui est arrivé avec une vieille carabine. Y’était avec et tu voyais que lui, comme homme, y’avait pas envie de tirer et y savait pas quoi faire avec. Ben y’a une femme qui l’a pris, pis elle, elle a fait une canne avec... Ça, c’est l’inconscient collectif qui parle. Les femmes sont capables de faire ça, c’est l’imaginaire. L’inconscient est capable de prendre les choses et de les détourner de leur sens. » En apprenant à danser avec l’inconscient, comme se le figure Pol Pelletier, on se donne accès à la créativité, et c’est par ce moyen qu’on peut transformer l’état des choses.

Plus je discute avec cette femme, plus je croise son regard, mieux je comprends pourquoi elle a eu tant de mal à jouer ses idées, pourquoi elle a reçu tant d’insultes et comment on a pu refuser de l’accueillir au-devant des grandes audiences : elle déstabilise l’ordre établi, elle jure avec la norme, elle croit dur comme fer à son propos, elle parle de changement et choisit des oeuvres qui détruisent tout le confort de notre société. Qui ose? Elle, sans aucune excuse, car elle fait les choses pour qu’il y ait évolution, pour faire cesser le statu quo, pour invalider l’économie si stable des théâtres-business que le grand public fréquente. Pol Pelletier dérange. Elle parle fort, elle déplace l’air quand elle le fait et contredit toutes les postures gentilles qu’une femme devrait tenir si elle écoutait la norme de tenue d’une femme dans les lieux publics. Pourquoi se contenir, se retenir et faire semblant? Au jeu comme dans la vie, la vérité est le mot d’ordre pour cette femme. Tout doit être question de vie ou de mort, sinon ça ne sert à rien de plonger. Et puisque le patriarcat tue, au propre et au figuré, il y a beaucoup de questions auxquelles s’attarder, des femmes qui reproduisent les maux du patriarcat aux raisons pour lesquelles nous sommes si malades de corps et d’esprit. Elle me raconte, parmi tout cela, ce qu’elle pense du théâtre, aujourd’hui, elle qui a cofondé Le Théâtre expérimental de Montréal (1975-1979, aujourd’hui le Nouveau Théâtre expérimental), ainsi que Le Théâtre expérimental des femmes (1979-1985, aujourd’hui l’Espace Go). Pour elle, un théâtre devrait être comme une maison, mais elle croit que ce genre de théâtre n’existe plus aujourd’hui, ou bien c’est qu’elle ne les connait pas. Elle voit le théâtre comme un lieu que l’on doit habiter, animer de l’intérieur et rendre intéressant. Quand on s’en va rendre visite à un membre de la famille ou à des ami·e·s dans leur maison, on se prépare, on a hâte d’arriver, de sentir les odeurs, de voir les sourires, d’être accueilli·e·s par celles et ceux qui y vivent. C’est comme ça qu’elle aimerait se sentir si elle allait encore au théâtre. Elle se rappelle qu’avant, les guichetières et guichetiers étaient aussi les éclairagistes ou les actrices et acteurs, qu’elle était accueillie avec des lampes de poche et des masques à l’entrée des lieux, qu’il y avait des personnages cachés : « C’était toujours une expérience... tu marchais sur St-Paul [la rue à Montréal] l’hiver, y’avait une vieille maison, souvent y’avait pas d’affiche, fallait que tu le saches que c’était là. » De l’avis de Pol Pelletier, aujourd’hui, cette notion de maison, dans les lieux de théâtre, a disparu. Les théâtres sont devenus des business qui ne cherchent qu’à « entrer dans leur argent » et qui ne se questionnent qu’à propos du marketing. Selon elle, toutes les femmes sur les affiches des pièces que l’on observe un peu partout dans la ville sont uniformisées, sans but autre que de faire vendre, noircir le papier des journaux et remplir les salles. C’est dire à quel point on est loin de l’idée de la maison chaleureuse qui offre de quoi nourrir l’esprit. C’est une logique de comptable qui a façonné les théâtres contemporains, il n’y a plus de générosité : « Je considère que j’ai vécu une époque où le théâtre était d’une telle vitalité au Québec! Aujourd’hui, je considère qu’il est mort. Là, tout ressemble à tout. Avant, tout était complètement différent dès l’accueil. C’était comme aller en visite, c’était excitant, tu savais pas comment ils allaient t’accueillir à chaque fois. »

Pol se désole de constater que les espaces se ressemblent tant, que les lieux n’offrent plus d’idées. Et c’est entre autres pour cela qu’elle a proposé ce mois de mars dernier trois spectacles gratuits dans des lieux qui ne sont habituellement pas des théâtres mais qu’elle transforme ainsi par sa courte présence, d’environ trente minutes chaque fois. Le 17 mars, à la librairie Le Port de tête, elle a interprété Les Vaches de nuit de Jovette Marchessault[iii], un texte profond, violent et fragilisant qui parle du féminin et que Pol livre sans pudeur. J’ai eu l’occasion de le voir deux fois ces dernières années et dans deux lieux fort différents, mais l’effet est toujours le même : on veut frapper du pied avec elle sur la petite table qui la soutient car les frissons qui nous prennent donnent goût à l’action. Pol Pelletier nous donne envie d’agir avec elle, il y a communication entre elle et son audience, sa présence transforme car ce qu’elle choisit de donner, ces textes qu’elle joue n’ont d’autre choix que de réveiller en nous l’humanité, la sensibilité, le féminin. Elle donne justice à ce que tait le patriarcat, elle détruit les contraintes sociales, dans son art comme dans tout ce qu’elle produit. Le 24 mars 2017 à la librairie La Flèche rouge, elle a joué Joie[iv], texte pour lequel elle a remporté le Masque de l’interprétation féminine, prix décerné par l’Académie québécoise du théâtre. De la série des trois spectacles gratuitement offerts par Pol Pelletier, elle a interprété L’Euguélionne de Louky Bersianik, le 31 mars 2017, à la nouvelle librairie féministe du même nom, L’Euguélionne.

Ces librairies ne sont pas choisies à la légère : elles sont des lieux indépendants dans lesquels les idées circulent, se partagent, se créent. Ces librairies ont aussi une mission sociale, une approche féministe, une volonté de travailler de manière solidaire avec les membres de leur quartier. La solidarité, Pol la considère nécessaire, essentielle au devenir d’une humanité nouvelle : « Il faut se mettre en groupe, pour décider d’une collectivité il faut se parler [...] » L’entraide, le partage, le travail par passion, elle ne le voit presque plus, et elle semble bien nostalgique de constater que les projets communs ne semblent pas suffisamment entrepris pour faire changer les choses. Elle est absolument féministe, mais elle ne sait plus trop si elle croit encore au féminisme. Quand elle voit que les mouvements de dénonciation tels que #BeenRapedNeverReported[v] ne permettent pas de rendre justice aux personnes abusées sexuellement et que les violeurs peuvent continuer à vivre leur vie sans conséquence, elle n’est plus sûre que le féminisme vit encore. De son point de vue, il y a encore trop peu de femmes qui n’ont ni peur ni honte d’être femmes, et simplement trop qui veulent reproduire le patriarcat en niant leur féminité : « Elles veulent faire la même chose que les hommes, pis y’en a qui vont faire pire que les hommes, parce qu’elles ont tellement honte d’être une femme... donc elles font semblant qu’elles ne sont pas [des] femmes. » Elle déplore le fait que plusieurs femmes nient encore le fait qu’elles ont des positions de directrices ou de présidentes d’entreprises grâce aux mouvements féministes auxquels elle a participé dans les années 1970 et 1980. Elle raconte le refus de Lorraine Pintal, directrice du Théâtre du Nouveau Monde concernant un texte de Jovette Marchessault : « Lorraine Pintal est là présentement parce qu’il y a eu un mouvement féministe radical. Elle est là à cause de moi pis de mes amies. Et elle le sait. Mais elle veut pas. Comment elle dort la nuit? »

 Pour Pol Pelletier, donc, la reproduction du patriarcat par les femmes est une preuve décevante lui prouvant la mort du féminisme. Elle se dit toutefois contente que je lui apprenne que des mouvements de dénonciation grandissent de jour en jour sur les réseaux sociaux, qu’il s’agisse d’intimidation, d’homophobie, de xénophobie, de sexisme, de racisme, et tout ce qui découle de notre culture patriarcale. Mais elle croit que les jeunes femmes sont quelque peu naïves : « Je pense que les jeunes femmes, les femmes en général, ne sont pas assez conscientes que si tu déranges assez le patriarcat, il va te tuer. Il y a une naïveté, une illusion très grande chez les femmes en général, parce que la seule raison pour laquelle on a pu survivre pis qu’on a continué à marier des hommes pis à faire des bébés, c’est qu’on s’est dit “C’est pas si pire que ça.” » Pour elle, une partie du problème aujourd’hui réside chez les femmes elles-mêmes, dans la contradiction que certaines présentent à se servir des avancées du féminisme pour reproduire la culture patriarcale. De son point de vue, on n’est donc pas suffisamment nombreuses pour bien faire changer les choses : « On pense que c’est arrangeable... Mais le patriarcat, quand y’est pas content, il tue. Pis là on l’a en pleine face! Penses-tu que Trump y va avoir des malaises de conscience, lui, quand il va faire quoi que ce soit? C’est que la masse critique dans l’inconscient collectif est pas assez grande... Y’a pas assez de femmes – et d’hommes de bonne volonté, ça existe – qui sont prêt[·e·]s à mourir. On le voit pas clairement, mais le gun est là. » Pol Pelletier n’a pas de compte Facebook et ne navigue pas sur les réseaux sociaux, parce qu’elle croit que ce qui a lieu sur ce cyberespace ne changera rien. Ce qui se promène sur internet sera tôt ou tard récupéré dans la culture populaire ou bien démonisé, comme on le fait constamment avec le féminin. Elle croit qu’une majorité des femmes pensent que tout ce dont on a besoin maintenant, ce n’est qu’un aménagement, un arrangement : « On vous veut les filles, vous faites de bonnes directrices de banque, vous êtes tellement cutes, on va bien vous traiter », lance Pol en changeant sa voix. Elle demeure persuadée que le patriarcat veut encore faire des femmes de bonnes servantes, qu’elles soient en beau suit de banque ou à la maison. Pourtant, ce n’est pas d’un simple arrangement dont l’humanité a besoin, mais bien de la destruction de ses fondements, pour bâtir tout à fait autrement. C’est la structure qui est le problème, non pas un individu en soi à blâmer, me précise-t-elle.

Pol Pelletier ne dresse pas un portrait flatteur de notre société québécoise, puisque le problème est systémique, puisque la politique et l’économie humaine se développent depuis déjà bien longtemps sur une structure sociale patriarcale dans laquelle, pour elle, le féminin n’a aucune valeur. Elle n’hésite pas à qualifier clairement le Canada de « pourri » et l’histoire du génocide des Premières Nations et des pensionnats de « merde humaine incommensurable » : « Comment pensez-vous réparer ça? En une génération en disant “Excusez-nous, voici de l’argent”? Voyons donc! J’en connais des vies détruites. C’est des vies détruites! » Et je constate à quel point cette histoire, notre histoire commune de colons et de colonisé·e·s, ce que Pol définit comme une blessure collective, la choque et la révolte. Et c’est selon moi la réaction la plus instinctive, et on ignore et nie collectivement cette réalité. Et tout le monde en souffre, et tout le monde a besoin de guérison, car c’est de l’inconscient collectif qui marque et détermine qui nous sommes, individuellement et en société. Comme elle dit : la vérité. Elle me répète qu’elle ne supporte pas le mensonge, les vérités à peu près : « Justin Trudeau, câlice, un féministe? On accepte ce déguisement-là? Y’a pas beaucoup de monde qui vont faire comme l’enfant pis pointer du doigt “Heille, l’empereur est nu!”. Imagines-tu si on allait tou[·te·]s sur la colline pis on disait : “Heille, t’es tout nu Justin Trudeau, t’es tout nu!” Mais il faudrait être des milliers! » Et elle s’anime devant moi, tout son corps s’ouvre et je comprends, c’est ça le théâtre dont elle parle, le théâtre qui l’intéresse, qu’elle veut jouer, qu’elle veut voir le monde être. Elle veut que nous nous mobilisions tous et toutes pour changer les choses, qu’on s’anime, qu’on devienne actrices et acteurs. Son rôle d’actrice, c’est de nous faire rendre compte du poids de notre culture sur nos individualités, le patriarcat qui nous tue en dedans, et de nous donner raison de nous animer, de nous lever et de nous voir agir ensemble. Elle me parle des zapatistes au Chiapas[vi], de leur révolte. Elle n’est plus sur sa chaise, elle ajuste les mouvements au fil de ses mots et me raconte le soulèvement populaire du 1er janvier 1994, au Mexique :

« Ils étaient 20 000 quand y sont descendus. C’est le plus grand spectacle de théâtre... j’étais même pas là! Je voyais les traces dans la ville de ce qu’ils avaient fait! Ils étaient 20 000, ils descendaient quatre par quatre pis ça a duré cinq heures pis personne n’a parlé. C’était une mise en scène cosmique! Ils montaient sur le podium de la cathédrale, quatre par quatre, y descendaient quatre par quatre... 20 000 personnes qui décident, qui font un spectacle! Ils appelaient pas ça de même, mais moi je dis que c’est du théâtre, ça! Toute la ville est changée pour toujours. » C’est l’exemple parfait du théâtre qu’elle aime et aimerait voir : une mise en scène sociale, massive, qui transforme. C’est aussi son outil de guérison. Le patriarcat nous apprend la colère, la rage, il nous apprend à tuer quand on veut changer quelque chose. Si on laissait faire plus le féminin, si on utilisait le théâtre comme un mouvement social (être acteur ou actrice, agir pour transformer), on pourrait utiliser cette violence que nous possédons toutes et tous et en faire une création nouvelle, une structure nouvelle. Ce qui s’est passé à San Cristobal de las Casas[vii] et qui est, pour Pol Pelletier, un acte de guérison, une révolution. Mais, malheureusement, plusieurs de celles et ceux qui étaient parmi les 20 000 se sont fait tuer. On sent que cette femme a eu le coeur brisé. Quand elle me raconte comment elle a investi toute sa vie à comprendre le féminin et comment on le rejette encore collectivement, je sens une tristesse dans ses yeux. Si elle me confirme qu’elle a déjà vécu son deuil sur son théâtre et le féminisme, elle me dit qu’aujourd’hui, surtout, elle est fatiguée. Elle sent qu’il y a un regain d’espoir, quelque chose qui grouille à nouveau dans l’inconscient collectif, que les femmes, peut-être, veulent ressurgir, veulent faire cesser l’hémorragie. Elle se lance encore un peu, elle jouera encore, voire, mais elle se posera sûrement bientôt, pour écrire sa philosophie du féminin, ses mémoires aussi.

Le 9 avril prochain, Pol Pelletier présentera l’art poétique[viii] de France Théoret[ix], en duo avec la danseuse Rae Bowhay, à l’Auditorium de la BAnQ du Vieux-Montréal pour clore la série d’événements soulignant ses cinquante ans de carrière. Une campagne de sociofinancement[x] a présentement lieu pour permettre à Pol de réaliser son livre, Le livre Pol.

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