Sur les réactions démesurées suite à l'élection de Mario Beaulieu

Sur les réactions démesurées suite à l'élection de Mario Beaulieu
Opinions
| par Rémi Villemure |

La division à l’intérieur du Bloc québécois qui s’est dévoilée au grand jour depuis l’élection de Mario Beaulieu n’a pas surpris les militant-e-s indépendantistes. Cette querelle au cœur du même du parti politique est identique à celle qui mine la progression de l’idée indépendantiste. Dans les faits, cette mésentente entre les radicaux  et les pragmatiques n’est qu’une symétrie de celle qui a préséance sur la bonne entente au sein du mouvement – s’il en est un – citoyen indépendantiste. Nous aurions d’un côté les pragmatiques de la trempe de Gilles Duceppe, qui préconiseraient la rigueur, la discussion, la diplomatie et la responsabilité. De l’autre, les radicaux préféreraient les incantations et le terrorisme. Ce résumé n’a rien d’un jugement de mauvaise foi, c’est simplement le bilan que je fais des préjugés et des reproches faits par cette ô grande classe du pragmatisme très patient. Il est très très patient. On reproche aux radicaux comme Mario Beaulieu d’être agressifs, voire violents, alors que le nouveau chef et tous les autres de sa trempe ne font que regarder l’histoire et constater que la liberté et l’indépendance ne se commandent pas au Père Noël. Ça se gagne lorsque l’opposition est mise hors de combat – parce que oui c’est un combat – et cette même opposition utilise des moyens que nous, les indépendantistes, refusons encore aujourd’hui d’ajouter à notre arsenal sous prétexte qu’ils ne seraient pas appropriés. Peu de temps après son élection, on a reproché à Mario Beaulieu de trop parler d’indépendance, d’en faire son cheval de bataille alors que les Québécois-e-s auraient tourné le dos à cette idée le 7 avril dernier. Tout d’abord, c’est faux. Les Québécois-e-s ont tourné le dos au Parti québécois, mais pas à l’indépendance. D’ailleurs, les plus indépendantistes des députés du Parti québécois sont toujours à l’Assemblée nationale (Drainville et Péladeau, entre autres). De plus, si le Bloc québécois ne parle pas d’indépendance, de quoi peut-il  bien parler? Reformulons la question : considérant que la distinction est ce qu’il y a de plus important en politique partisane, qu’est-ce qui pourrait distinguer le NPD du Bloc s’il fallait que ce dernier ne parle plus d’indépendance? Ah oui, son logo… Mais encore? Le plus triste dans toute cette histoire, c’est que les critiques sont venues des membres du Bloc. Le Parti libéral du Canada n’a même pas eu besoin d’ouvrir la bouche pour tenter de décrédibiliser le Bloc, les indépendantistes s’en sont chargés eux-mêmes. Ça fait pitié? Non, n’exagérons pas. Mais ça fait dur. Les plus indépendantistes demeureront ceux qui osent en parler. S’il faut les appeler radicaux, ils porteront bien ce nom. Les autres sont destinés à perdre le leur dans l’oubli.

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