Canada
Politique étrangère canadienne : De Harper à Trudeau : une équation à somme nulle?
Analyses
| par Simon Bossé-Pelletier |

La prise de pouvoir du gouvernement libéral de Justin Trudeau, en octobre dernier, marque la fin de l'ère conservatrice du gouvernement de Stephen Harper. Avec pour promesse de redonner au Canada ses lettres de noblesse sur la scène internationale, Justin Trudeau a clairement signifié ses intentions de réformer la politique étrangère canadienne (PEC) au lendemain de son élection le 19 octobre dernier. Pouvons-nous nous attendre à un virage radical de la PEC? Une certaine continuité est-elle à prévoir? Que pensent les militaires canadiens de ce changement de direction? (1)

Le Canada occupe une place bien particulière sur la scène internationale. D'une part, sa position géographique l'éloigne des guerres et lui assure une précieuse stabilité, et d'autre part, il est le voisin des États-Unis, la plus grande puissance économique et militaire. Rappelons que le Canada est un jeune État et que sa complète souveraineté concernant sa politique étrangère date de la déclaration de Balfour en 1926 qui, de l’initiative britannique, accordait l’autonomie complète à ses dominions pour leur politique étrangère. Nous sommes donc passés d'un dominion protégeant ou accompagnant l'Empire britannique dans ses campagnes impérialistes, à un pays à faible démographie se cherchant une identité dans le domaine de ses relations sur le plan international au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.

L'internationalisme canadien, qui a marqué l'image du pays sur la scène internationale, « ... se caractérise par un engagement constructif du Canada à l'égard des peuples, des organisations et des États dans la poursuite de solutions face à des défis et des problèmes globaux » (2). Le rayonnement de sa puissance douce (3) s'est réellement mis en place avec la Crise de Suez en 1956 et la création des Casques bleus, suite à la résolution présentée par le ministre canadien des Affaires étrangères Lester B. Pearson. Par la suite, avec les gouvernements de Trudeau, Mulroney, Chrétien et Martin, le Canada a bâti son image de gardien de la paix, de médiateur et de « royaume paisible ».

Nous verrons que la venue d’un gouvernement libéral ne touchera pas nécessairement le cœur des orientations canadiennes au niveau de sa politique étrangère et que les principaux changements concernent principalement le discours officiel du pays. Dans un premier temps, nous aborderons les principaux points de rupture durant la décennie Harper ainsi que leurs impacts sur l'image du Canada à l'étranger. Dans un deuxième temps, nous allons décortiquer les différents mythes qui ont forgé la PEC ainsi que l'identité du pays. À quoi fait-il référence? Nous terminerons par une entrevue avec Nicolas Laffont, rédacteur en chef de 45eNord.ca qui nous trace un portrait de la situation actuelle au sein des Forces armées canadiennes et des changements au sein de la chaine de commandement.

L'héritage de l'ère Harper dans la politique étrangère canadienne

Afin de bien saisir les différents enjeux et points de rupture de l'ère Harper, L’Esprit libre a rencontré Marc-André Anzueto, doctorant, chargé de cours à l'UQAM et spécialiste des problématiques de la PEC en Amérique latine. Selon lui, le principal héritage de l'ère Harper concerne la redéfinition du Canada comme puissance : « Le Canada est passé d'une puissance moyenne multilatéraliste à une puissance énergétique à caractère impérialiste. » Cela s'illustre concrètement par l'attitude des minières canadiennes dans le monde, l'importance accordée à l'industrie pétrolière ou par le rejet du protocole de Kyoto, pour ne nommer que ces exemples.

Les principales caractéristiques de ce changement de paradigme de la PEC passent par une réaffirmation des alliances dites « réalistes », avec les États-Unis et Israël notamment. Lors d'un colloque organisé par le Centre d’études et de recherches internationales (CÉRIUM) en octobre dernier, Justin Massie, professeur à l'UQAM et directeur de recherche du Centre interuniversitaire de recherche sur les relations internationales du Canada et du Québec (CIRRICQ), ajoute qu'il y a une redéfinition du Canada comme puissance guerrière (axée sur le hard power). De plus, il mentionne l'insertion de la notion de la supériorité morale qui met fin au relativisme qui a régné durant l'âge d'or de l'internationalisme canadien. Ces trois points ont pour principale conséquence un repli sur soi et un effritement de l'image de faiseur de paix du Canada.

L'une des raisons de ce changement de paradigme repose sur un clientélisme électoral. En effet, en réalignant la PEC sur celle des principaux alliés du Canada (du moins, de la frange conservatrice canadienne), notamment Israël et les États-Unis, le gouvernement Harper a espéré séduire un électorat issu des communautés culturelles (la communauté juive ou ukrainienne par exemple). M. Anzueto souligne également, lors de notre entretien, la volonté de transformer les pensées quant à la PEC. Il s'agit de teinter la PEC d'une idéologie néoconservatrice en rupture avec l'internationalisme libéral qui était « l'image de marque » du Canada. La notion de supériorité morale est très présente lorsque l'on analyse la politique étrangère sous Harper, nous souligne le chercheur, et cette supériorité morale tend fortement vers une approche manichéenne des alliances.

Un autre axe de rupture, en lien avec cette croyance en la supériorité morale canadienne, touche la promotion des droits humains (DH) : « Contrairement à la dichotomie libérale-réaliste inhérente à la culture stratégique internationaliste qui permet une certaine élasticité en matière de DH, les fondements idéologiques du néocontinentalisme marquent une rupture importante en matière de moralité internationale. » (4) (5). M. Anzueto ajoute que la question des droits humains, sous l'ère Harper, a été subordonnée aux intérêts commerciaux et aux alliances traditionnelles. Il s'agit donc, en d'autres mots, de « choisir » où réclamer le respect des droits humains en fonction de nos intérêts réalistes.

Le mythe de la politique étrangère canadienne : au service de l'unité nationale

Nous présenterons ici des mythes qui sont directement liés à la notion de soft power du Canada et de sa capacité d'influence. En effet, Justin Massie et Stéphane Roussel dans leur article Au service de l'unité : le rôle des mythes en politique étrangère canadienne, soulignent que les mythes « représentent une dimension incontestable (ou sacrée) et historique du récit identitaire plus vaste qui les entoure et qui donne un sens aux expériences d'une société » (6). Les deux auteur-e-s parlent d'une « identité libérale canadienne » qui se caractérise par son multiculturalisme et son cosmopolitisme. Un autre élément important concerne la préservation de l'identité canadienne par rapport à son voisin américain. Cela se concrétise par le multiculturalisme, comme nous l'avons mentionné, en contradiction avec le communautarisme ou le melting pot typiquement américain.

Parmi les trois principaux mythes analysés par les auteur-e-s, il y a d'abord celui du « paisible royaume » basé sur l'image d'un Canada antimilitariste. Le Canada se perçoit, et est perçu, comme une nation pacifiste apte à exporter la paix par l'exemple. Le deuxième mythe traité est celui que le Canada est un « champion du maintien de la paix ». Ce mythe prend principalement ses sources dans de la crise du canal de Suez grâce au rôle du pays dans la médiation, mais surtout grâce à sa force d'interposition non combattante déployée sous la bannière de l'ONU. Cette image a été gravement atteinte par la nouvelle orientation du gouvernement Harper, lors de la mission en Afghanistan, qui était plus axée sur les combats que sur le maintien de la paix. Finalement, le troisième mythe mentionné par M. Massie et Mme Roussel traite du Canada comme pays « médiateur ».

Ces mythes ont donc contribué à forger l'identité canadienne. Marc-André Anzueto conclut, dans son article Instrumentalisation des droits humains en politique étrangère canadienne, en étudiant le cas du Guatemala depuis les années 80, à la « (…) constante instrumentalisation avec les intérêts tant dans une culture stratégique internationaliste que dans une idéologie néoconservatrice » (7). Nous constatons en effet que la PEC a toujours servi à faire valoir le soft power ou l'impérialisme canadien en utilisant la question des droits humains.

De réels changements sur le terrain?

Dans le but de comprendre les changements concrets sur le terrain, nous avons interviewé Nicolas Laffont, rédacteur en chef de 45enord.ca et journaliste spécialisé en questions militaires.

Q : Qu'en est-il des différents théâtres d'opérations où les Forces canadiennes sont déployées?

R : Pour l'instant, il n'y a pas de grands changements perceptibles sur le terrain. Les engagements du Canada ne s'annulent pas avec l'élection d'un nouveau gouvernement et il est à prévoir que le gouvernement de Justin Trudeau ira jusqu'au bout du mandat de la mission aérienne du Canada qui se termine le 31 mars. Par contre, ce qui est intéressant de noter est le changement au niveau de l'image que le Canada projette. Les diplomates ont retrouvé leur autonomie et c'est au niveau du discours du Canada que les principaux changements se font sentir. Nous pouvons prévoir un Canada qui réinvestit les institutions internationales comme l'ONU et l'OTAN. On sent un retour du discours du Canada faiseur de paix.

Q : Nous ne devons donc pas nous attendre à des changements majeurs dans les prochaines semaines?

R : Non, nous verrons peut-être une transition au niveau aérien avec plus d'avions de ravitaillement et autres de ce type. Nous en sommes encore au stade des consultations et de la mise en place d'un plan de match « libéral ». Ce que nous pouvons prévoir par contre est un réalignement des actions canadiennes vers des missions de formation et d'assistance. Nous verrons donc peut-être des soldats canadiens en territoire kurde afin de mener des missions d'entraînement.

Q : Au sein des membres des Forces canadiennes, l'arrivée d'un gouvernement libéral est-elle bien vue?

R : L'accueil des soldat-e-s est très mitigé. On sent un fort courant antilibéral au sein des Forces qui se traduit sur les réseaux sociaux par des propos haineux ayant même mené, dans certains cas, à des mesures disciplinaires. Les membres des Forces canadiennes se sentaient soutenu-e-s par le gouvernement Harper, ce qui est particulièrement paradoxal puisque, dans les faits, le gouvernement conservateur a coupé dans le budget de la défense. On a souvent parlé des « années sombres » des Forces durant les années 90, sous le règne libéral, mais lorsque l'on regarde les chiffres, la réalité est tout autre. Il s'agit donc de regarder du côté du discours du gouvernement Harper, beaucoup plus « pro militaire » dans l'ensemble, qui a séduit ses membres.

Conclusion

Nous avons vu, tout au long de cet article, les différents points de rupture du gouvernement Harper, durant sa décennie au pouvoir, ainsi que les principaux points d'ancrage de l'identité canadienne par ses mythes et son imaginaire collectif. Nous sommes donc à présent en mesure de constater que le point particulièrement sensible, au niveau de la PEC, se trouve dans la construction du discours et de l'image du Canada. Nous avons noté que dans les faits, le Canada, sous l'ère Harper, et maintenant, sous le gouvernement Trudeau, met beaucoup plus l'accent sur son image que directement sur les actions. Le principal enjeu, croyons-nous, pour les décideurs canadiens, se situe au niveau du maintien de leur influence sur la scène internationale. Nous avons vu brièvement que l'influence canadienne peut se manifester de manière plus réaliste par une réaffirmation de nos alliances traditionnelles, un certain impérialisme commercial et une conception du monde beaucoup plus manichéenne axée sur le hard power. Nous avons constaté que cette vision du monde entrait en contradiction avec la vision internationaliste canadienne qui insiste davantage sur les plateformes décisionnelles transnationales (l'ONU ou l'OTAN par exemple) et qui accorde plus d'importance aux droits humains et aux opérations de maintien de la paix. Elles sont habitées d'objectifs, tout comme la vision conservatrice, tels que le rayonnement du soft power canadien dans le but de garder le Canada à l'avant-plan des grandes décisions.

Sommes-nous donc devant un gouvernement qui créera une nette scission en matière de politique étrangère? Au-delà du discours et de l'image, c'est la mise en œuvre des politiques de Trudeau qui servira d'étalon pour mesurer le changement avec son prédécesseur conservateur. Les prochains mois en Syrie seront révélateurs et en diront long sur le type de rôle que le Canada y jouera.

 

(1) Nous tenons à remercier Marc-André Anzueto et Nicolas Laffont pour leur précieuse collaboration.  

 

(2) Copeland, D., 2013. Once were diplomats: can Canadian internationalism be rekindled? In : H.A. Smith and C. Turenne-Sjolander, eds. Canada in the world: internationalism in Canadian foreign policy. Oxford : Oxford University Press, p. 125-144  

 

(3) « Les notions de hard et de soft power (puissance dure, de contrainte, de commandement, de coercition et puissance douce, de cooptation, de séduction) sont dues à Joseph S. Nye, Le leadership américain. Quand les règles du jeu changent, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 1992. La notion de structural power (puissance structurelle) est due à Susan Strange, States and Markets, Londres, Pinter, 2e éd., 1994. Au-delà de leurs spécificités, ces notions peuvent être assimilées : la première est définie par Joseph S. Nye comme la capacité de « structurer une situation de telle sorte que les autres pays fassent des choix ou définissent des intérêts qui s’accordent avec les siens propres  » (J. S. Nye, op. cit., p. 173); la seconde est définie par Susan Strange comme « la capacité de façonner et de déterminer les structures de l’économie politique globale au sein desquelles les autres [acteurs] doivent opérer » (S. Strange, op. cit., p. 24-25). Exemple très concret de l’efficacité de cette puissance douce et/ou structurelle dont bénéficient les États-Unis de nos jours : toute insatisfaite qu’elle soit, la principale puissance ascendante qu’est la Chine a demandé son intégration à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), organisation s’il en est de la régulation du système international géré par les États-Unis. » Définition issue du texte de Dario Battistella, L’Ordre international http://www.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2004-2-page-89....  

 

(4) Anzueto, Marc-André, « Instrumentalisation des droits humains en politique étrangère canadienne? Le crépuscule de l'internationalisme et l'émergence du néoconservatisme au Guatémala », Études internationales, vol 45 no 4, 2014,  p.60  

 

(5) Le néocontinentalisme, conçu comme l’expression du néoconservatisme serait ainsi caractérisé par « la nécessité d’exercer la clarté morale », c’est-à-dire de « distinguer amis et ennemis (l’une des attitudes du néoconservatisme tel qu’il est articulé par Irving Kristol) ainsi que Bien et Mal, et de prendre les moyens d’agir contre les seconds » (Ibid. : 11). De ce fondement découlerait une série de « principes opératoires ». Une politique étrangère de clarté morale identifie les intérêts aux principes : il faudra donc promouvoir la démocratie dans le monde. Le renforcement de la puissance militaire est capital, car la puissance permet la lucidité requise pour identifier les menaces (le « Mal ») et agir contre elles. L’hégémonie américaine est bénigne et les institutions internationales qui tentent de la limiter font objet de méfiance. À cet effet, le Canada doit être prêt à faire usage de la puissance afin de « défendre l’ordre hégémonique américain » (12). Dorion-Soulié, Manuel, « Introduction : Les idées mènent le Canada : l'idéologie néoconservatrice en politique étrangère canadienne », Études internationales, vol. 45, numéro 4, 2014, p. 508.

 

(6) Idem, p. 71.

 

(7) Anzueto, Marc-André, « Instrumentalisation des droits humains en politique étrangère canadienne? Le crépuscule de l'internationalisme et l'émergence du néoconservatisme au Guatémala », Études internationales, vol 45¸ no 

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Extrait d'un document rédigé pour le Groupe ON sécurité publique et défense. 1-0 État situationnel Parmi l'ensemble des nouvelles compétences fédérales dont un Québec indépendant devra assumé, la question de la défense est celle dont les indépendantistes ont le moins la faculté de répondre et une de celle dont les fédéralistes use le plus pour démontré notre incapacité à faire l'indépendance. De fait, ce sujet pratiquement tabou et mal aimé de notre peuple pacifique est aussi un des plus sensible pour les grands intérêts géopolitiques. Pour les Québécois, les débats concernant la Défense nationale se concentrent généralement sur le déploiement des troupes à l’étranger et sur l’acquisition de matériel militaire. Ils voient l'agression armée et violente contraire à nos valeurs ainsi que des dépenses inutile. Cependant, pour certain acteur géopolitiques ainsi que de certain intérêt privé, notre indépendance pose des problèmes dans un ensemble sécuritaire nord américain et surtout la perte d'une partie de la capacité canadienne de servir d'auxiliaires dans la projection de force des État-Unis d'Amérique. Les sondages démontre que les Québécois sont plus sceptiques que les autres Canadiens quant aux engagements militaires internationaux, qui supposent la conduite d’opérations de combats, comme en Afghanistan ou en Libye (Roussel et Boucher, 2011). Pour de nombreux stratège et commentateur souverainiste, la solution est le statu quo. Garder le modèle militaire britannique de projection de force sur une échelle plus réduite et mettre à l'avant (au point d'occulté le reste) la participation au opération de l'ONU. Se basant sur les travaux de JRM Sauvé (Ancien officier d'état-major de l'armée canadienne, géographe, auteur et conseillé militaire privé de René Lévesque) dont le plan de défense d'un Québec souverain de 1975 publier en 1977 (que vous pouvez consulté ici : http://fr.calameo.com/read/0001849126cdaafb61a21) ainsi que ses nombreux ouvrage, l'exercice Plan de défense de la République du Québec V.2010 et des travaux du Groupe ON sécurité publique et défense, voici une vision alternative d'une défense militaire Québécoise. Une force qui répond aux besoins et aux valeurs du Québec. 1-1 Première priorité, définir la doctrine. Une doctrine militaire est constituée des principes fondamentaux selon lesquels l’armée ou certaines de ses parties accomplissent leurs tâches pour atteindre les objectifs nationaux. Ces principes sont déterminants, mais ont besoin pour être concrétisés d’une évaluation de la situation. La doctrine militaire fournit également les conditions cadres pour le développement de l’armée.1 Pour citer Machiavel de mémoire, il y a trois types de force de défense : -Les mercenaires qui sont fort efficace au combat mais qui disparaîtrons dès les premières défaite ou lorsque vous n'aurez plus de ressources. -Une armée régulière qui, bien qu'efficace coûte cher à entretenir et impose aux princes d'en faire usage. -Des citoyens en arme qui se battrons avec l'énergie du désespoir pour défendre leurs bien et famille mais qui oblige le prince à être bon envers ses sujets. L'une des raison pour laquelle les Québécois ne se reconnaisse pas en l'armée canadienne est du fait de sa doctrine. Son modèle britannique datant de l'ère coloniale et des tunique rouge marchant en rang en fait une force vivant en vase clos, coupé de l’influence populaire, rassemblé en quelque endroit isolé et déployable rapidement autrefois par bateau aujourd'hui par avion. L'équipement arrivant ensuite par bateau d'une DAFC ( Dépôt d’approvisionnement des Forces Canadiennes ) C'est une force ou la projection est profondément inscrite dans sa génétique. Force pouvant être projeté comme auxiliaire des troupes britannique lors de leurs guerres coloniales d’antan et aujourd'hui américaine ainsi que contre la population locale, comme ce fut le cas à de nombreuse reprise dans notre histoire. Le tout est agrémenté de troupe de garnison, au sein des centres urbains. Il est normal que les Québécois ne se reconnaissent aucunement en celle-ci. Elle est une force centré sur l'attaque et l'occupation de zone, même lorsqu'elle interviens lors de crise, notamment environnementale ou humanitaire. Au final, c'est une force aucunement apte à une défense long terme du territoire nationale face à une puissance de feu supérieur puisque la doctrine de projection implique sois une contre-attaque rapide de haute intensité ou la fortification d'une zone, un ou l'autre dépendant d'une lourde chaîne logistique. Que désirons nous vraiment comme peuple? Désirons-nous vraiment participer aux guerres de ce monde? Voulons-nous nous embourber dans les péripéties de nos voisins dans un monde frappé par le changement climatique, la crise économique, la décroissance, l'instabilité géopolitique et son augmentation de conflit armée. Lors des préparatif d'accession à l'indépendance, nous devrons, répondre de notre crédibilité sécuritaire (non seulement de la défense) au niveau international. Ne le cachons pas, le principe de sécurité est devenu un facteur important dans les relations internationales. Que se soit pour l'économie, la sécurité des frontières, la lutte au trafic de la drogue ou au terrorisme, la sécurité est primordiale dans l'évaluation des états. La première mission d'une armée est de répondre à l'une des prémisses de la reconnaissance de ce qu'est un pays indépendant soit de défendre l'intégrité du territoire nationale et de sa population. Elle n'est pas la pour être au service de quelconques intérêts extérieurs ou privé. Sous quel prétexte notre défense devrait participer à faire la police du monde au service des autres et surtout nos voisins qui nous apporte au final qu'insécurité? Désirons-nous vraiment participer à des alliances qui sont contraignante même en temps que simple partenaire ou observateur. Désirons-nous embarquer dans le jeu de l'escalade des dépenses militaires, dépense centré autour de l'achat de matériel de l'un ou autre des chefs d'alliance? Notre mentor JRM Sauvé dit souvent : Pour être un État neutre, il faut avoir la capacité de défendre sa neutralité. Il ne sert à rien d'être neutre si le premier venu peut occuper votre territoire sans conséquence ou vous racketter sa protection. Le plus grand pacifisme pour un État est la dissuasion. Certain dirons sans trop s'y connaître dans le domaine, qu'une forte défense coûte cher. Ma première question sera, désirons-nous être neutre et pacifique ou bien se vendre à un État qui ne l'est pas? À titre de rappel, parmi les membres de la coalition lors de la guerre en Irak de 2003, se trouvait entre-autre l'Islande, les Îles Marshall, la Micronésie, les Palaos, le Panama, les Tonga et le Costa Rica (qui s'est retiré après la décision de la Cour constitutionnelle), tous des états sans armée (ou avec armée de parade) dépende de la protection américaine. Ce qui coûte cher dans le domaine militaire, c'est les moyens de projection et non pas l’entraînement adapté, une logistique efficace et locale, des équipement bien définit selon nos besoins et une population sachant quoi faire et n'ayant pas besoin d'être encadré. Un peuple voulant se défendre vaut plus que la plus grande des armées. Ce n'est cependant pas au goût de tous de donner au peuple les moyens de se défendre intellectuellement et physiquement; l'un n'est rien sans l'autre. Dans cette objectif, quel sera donc le rôle de la défense Québécoise? Selon notre groupe de réflexion, elle devrait tourner autours de quatre pilier : Défendre l'intégrité territoriale de l'État. Défendre la population qui y vis. Supporter les autorités civiles Québécoise. Encadrer et former la population. 1-2 Situation géostratégique de demain « C’est une question de vie ou de mort, la route vers la sécurité ou la ruine. C’est donc un sujet qui doit être étudié profondément. » -Sun Tzu, L’Art de la Guerre Personne ne peut prédire la situation géopolitique à l'avenir. Cependant une certitude reste. -Tout pays pouvant nous atteindre sera une force de projection mécanisé avec support d'aviation une marine ainsi qu'une lourde chaîne logistique. Ensuite, viens des possibilité. En tenant compte du triangle géopolitique (force diplomatique, force économique et force militaire) et en projetant dans le futur vis-à-vis la courbe actuelle, il est possible que : -La puissance américaine continue de se dégrader, -L’influence du BRIC+ continue de se renforcer, -Un rival à l'OTAN se forme, -Le principe de première puissance mondiale se dissout pour une série de puissances régionales et continentales, -L'ONU sois réformé, -Une confrontation de souveraineté survienne en Arctique, -L'indépendance du Québec survienne dans un moment de forte tentions géopolitiques, -La crise économique s’accentue, -Il y aient une demande de ressources supérieur à la capacité d'exploitation, augmentant fortement le coût et la demande des ressources naturelles incluant ceux sur notre territoire, -Il y ait augmentation des répercutions des changements climatique, -Il y ait augmentation du nombre de conflits actifs, -Il y ait augmentation de la capacité des armées à mener des frappes informatique déstabilisant l'ensemble d'un état, -L'augmentation de l'efficacité et l'augmentation des états possédant une enveloppe anti-missile rende la dissuasion nucléaire plus limité, -Il y ait augmentation des troubles civils dans de nombreux états incluant les états occidentaux, -L'indépendance du Québec sois le résultat d'un de ces troubles civils ou une réponse aux troubles internationaux. Qui aurait pu croire, il y a 25 ans, que le statut de super-puissance des États-Unis d’Amérique serait contesté? Qu'à la sortie du communisme, la chute du bloc de l'est, les intérêts des états du monde ne seraient pas les mêmes que ceux du grand vainqueur autoproclamé policier mondial? Qu'en vingt-cinq ans, le monde passerait de bipolaire, à unipolaire pour devenir maintenant multipolaire? Comment, il y a 25 ans, aurions-nous pu prédire l'effondrement du moral des populations dite ''de l'occident''? Sans parler de la crise économique déclenché en 2008.