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Soirée de réflexion : « Économie et protection des territoires: un équilibre possible? »
Le 2 décembre 2017 19:00
Microbrasserie Le Prospecteur, 585 3e avenue, Val-d'Or

|SOIRÉE DE RÉFLEXION DE LA REVUE L'ESPRT LIBRE|

Les projets d'exploitation des ressources naturelles, notamment minières et forestières, sont souvent présentés comme étant les principaux vecteurs de développement économique en Abitibi-Témiscamingue, que ce soit pour la création des emplois qu’ils promettent, pour les retombées économiques qu’ils entraînent ou pour la revitalisation des communautés qu’ils évoquent.

À l’heure actuelle, pareils arguments de nature « purement économique » des projets d'exploitation dominent le débat public régional. Entraînant par le fait même, de l’avis de certaines critiques, la mise à l’index des considérations éthiques, environnementales, respectueuses des droits ancestraux des peuples autochtones, etc.

C’est du moins ce qu’indique l’analyse de nombreux discours en matière d’économie tenus non seulement par l’industrie ou par les députations d’appartenances et de niveaux quelconques, mais également chez les personnalités politiques de tous genres et dans plusieurs sphères du monde citoyen.

Dans ce contexte, l’intérêt de revoir et de se réapproprier collectivement les fondements de la notion d’économie s’avère nécessaire. Particulièrement à l’intérieur du cadre théorique actuel valorisant l’augmentation perpétuelle de l’exploitation de nos ressources. Et c’est sans évoquer la tendance à utiliser des arguments économiques en guise d’autorité irréfragable dans le but de relativiser ou de faire taire l'opposition à certains projets, en tout ou en partie, faisant parfois porter la responsabilité d'éventuelles pertes économiques aux mouvements militants.

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Deux exemples tirés de l’actualité abitibienne illustrent ces propos et mettent la table à l’événement du 2 décembre auquel L’Esprit Libre vous convie :

En avril dernier, les chambres de commerce de Val-d'Or (CCVD) et de Malartic (CCIM) demandaient au Gouvernement du Québec d'émettre rapidement le décret autorisant l'extension de la mine Canadian Malartic. Pour la CCIM, tel que rapporté par l'Écho abitibien le 13 avril 2017, « chaque mois qui nous sépare de l’émission de ce décret, c’est plus de 8 M $ en salaires, plus de 4 M $ en impôts directs et 40 M $ d’investissement en exploration qui se fragilisent et ce mensuellement ». Pour certaines personnalités politiques locales, le report du projet était également avant tout synonyme de pertes économiques importantes, retardant notamment la création d'emplois.

À peu près au même moment, le gouvernement du Québec annonçait son intention de relocaliser la harde de caribous forestiers des environs de Val-d'Or au zoo de Saint-Félicien, projet motivé selon le discours officiel par une volonté de protéger et d’assurer la survie du troupeau. La décision fut vivement critiquée, notamment par plusieurs biologistes et jusqu’à l’intérieur du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Tel que rapporté par Radio-Canada Abitibi-Témiscamingue le 26 avril 2017, le dirigeant dudit ministère, Luc Blanchette, affirmait, entre autres choses, qu'« on ne peut pas fermer la ville de Val-d'Or pour maintenir 50 caribous forestiers ». Le même média rapportait plus récemment le 3 octobre 2017 qu’« une étude récente de l'Institut économique de Montréal (IEDM) stipule que, pour chaque caribou forestier sauvegardé, 72 emplois seraient perdus annuellement dans l'industrie forestière. Selon l'Institut, cela occasionnerait des pertes économiques de 9,4 millions de dollars par année pour le Québec pour la sauvegarde de chaque animal. »

Les « arguments économiques » suffisent-ils à juger de la valeur d'un projet d'exploitation de ressources naturelles ? Comment prendre la juste mesure des impacts d’une mine ou d’une coupe forestière sur la société ? À l’exception des principaux indicateurs économiques, comment dresser le portrait des autres facettes sociétales (environnementales, éthiques, scientifiques, relatives à la santé publique et autres) ? Existe-t-il des points d'équilibre entre ces types de développement et d'autres types d'occupation du territoire ?

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C’est dans un esprit de remise en question des habitudes de présentation des projets de développement économique en Abitibi-Témiscamingue que l’événement de réflexion et d’échanges est organisé. Cette rencontre ne vise aucun autre but que celui de permettre à l’ensemble des membres du public de se questionner sur ce que l’Abitibi et ses peuples doivent attendre réellement des projets d’exploitation des ressources naturelles de la région.

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